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27/05/2020 19:39 EDT

Coronavirus: les États-Unis franchissent le seuil tragique des 100 000 morts

À travers le monde, la barre des 350 000 morts a été franchie mercredi, dont plus des trois quarts en Europe et aux États-Unis.

Les États-Unis ont franchi mercredi le seuil des 100 000 décès liés au coronavirus, un chiffre qui atteste de l’ampleur de la tragédie dans le pays.

À l’heure où l’Asie semble en bonne voie vers une sortie de crise mais que l’Amérique du Sud s’enlise, le coût social et économique de l’épidémie, qui s’ajoute au terrible bilan humain, apparaît chaque jour davantage.

Le premier mort de la COVID-19 aux États-Unis avait été annoncé fin février. Le pays enregistre désormais plus de 100 000 morts et près de 1,7 million de cas de nouveau coronavirus, selon le comptage de l’université Johns Hopkins, qui fait référence.

Le nombre réel des décès et des contaminations est toutefois nettement plus élevé, selon les experts. Rapporté à ses près de 330 millions d’habitants, le bilan américain est inférieur à celui de plusieurs pays européens.

À travers le monde, la barre des 350 000 morts a été franchie mercredi, dont plus des trois quarts en Europe et aux États-Unis.

Nouvel épicentre latino-américain

En Amérique latine, le nombre quotidien de nouvelles contaminations a dépassé celui de l’Europe et des États-Unis, faisant «sans aucun doute» du continent latino-américain le nouvel épicentre de la pandémie, selon l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), basée à Washington.

La propagation du coronavirus «s’accélère» au Brésil, au Pérou et au Chili, souligne cette antenne régionale de l’Organisation mondiale de la Santé qui se dit «particulièrement inquiète» et appelle ces pays à ne pas relâcher les mesures destinées à ralentir les contaminations.

«Le nombre de nouveaux cas enregistré la semaine dernière au Brésil est le plus haut sur une période de sept jours, depuis le début de la pandémie», souligne Carissa Etienne, directrice de l’OPS.

Le Pérou avait enregistré un record de 5 772 nouvelles contaminations en 24 heures mardi, pour un total de près de 130 000 cas.

Les indicateurs économiques et sociaux sont au rouge dans le monde entier.

Selon l’ONG Oxfam, la crise sanitaire pourrait précipiter 500 millions de personnes dans la pauvreté.

«Je me couvre le visage parce que j’ai vraiment honte, je n’avais jamais demandé de la nourriture», confie Jacqueline Alvarez, 42 ans, qui fait la queue avec près de 700 autres devant une association du quartier populaire d’Aluche, à Madrid, transformée en banque alimentaire.

En Espagne - où entre le 13 mars et le 22 mai ont été recensés 43 000 décès de plus que sur la moyenne des dix dernières années -, la pauvreté explose plus vite que lors de la crise financière de 2008.

Mais le monde entier est touché.

Au Brésil, les experts s’attendent à une chute de 6 à 10% du PIB cette année et à un bond du taux de chômage jusqu’à plus de 18%.

En France, après s’être effondré d’environ 20% au 2e trimestre, le PIB devrait se contracter de plus de 8% sur l’année, «la plus importante récession depuis la création des comptes nationaux en 1948», selon l’Institut national de la statistique.

Spencer Platt via Getty Images
Alors que certains quartiers connaissent toujours des taux élevés d'infection, New York a vu le nombre de décès dus à la COVID-19 dans tout l'État demeurer inférieur à 100 personnes par jour. Les États-Unis ont maintenant dépassé 100 000 décès dus au virus.

Aux États-Unis, dont le système est ultra-décentralisé, la pandémie assèche les finances publiques de nombreux États qui réclament l’aide du gouvernement fédéral, faute de quoi la reprise sera poussive et les conséquences sur la vie quotidienne durables.

Après l’Argentine et le Liban, qui se sont déclarés en défaut de paiement, les experts du G20 craignent que la pandémie ne provoque une contagion de défaillances chez les pays émergents, incapables d’honorer les remboursements de leurs dettes.

Les soignants éprouvés 

En Afrique du Sud, considérée par la Banque mondiale comme le pays le plus inégalitaire au monde, la pandémie a accru la misère et plongé dans le dénuement nombre des quelque 4 millions d’étrangers, la plupart en situation illégale.

Migrants et réfugiés, employés de boutiques ou vendeurs de rue ne peuvent plus travailler en raison du confinement, explique l’avocat Alfred Djanga, porte-parole de familles réfugiées à Johannesburg: «sans papiers, ils n’ont pas d’autre choix que de faire la manche».

Autre victime indirecte du coronavirus, l’état mental des soignants, soumis à une surcharge de travail et à un stress exceptionnels.

«On a tous les ingrédients d’un risque majeur de stress post-traumatique», estime Xavier Noël, expert des questions de santé mentale à l’Université libre de Bruxelles.

Ceux qui interviennent en soins intensifs «ont fait face à un taux de décès et à une manière de mourir totalement inhabituels, dans un contexte plus déshumanisé, sans la présence des familles pour les soulager sur la prise de décision», dit-il à l’AFP.

Dans une Europe où les chiffres s’améliorent chaque jour, la pression monte pour une réouverture coordonnée des frontières.

L’Italie pousse à une reprise concertée des déplacements en Europe le 15 juin, qui pourrait devenir le «D-Day» du tourisme.

En Pologne, la population ne sera plus obligée à partir du week-end de porter des masques, à condition de laisser une distance de deux mètres entre chaque personnes.

Principal foyer de coronavirus en Russie, Moscou, où un confinement strict a été instauré, lèvera le 1er juin plusieurs restrictions, autorisant notamment la réouverture de certains commerces et les promenades, sous conditions.