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Quand «belle-mère» veut dire tellement plus que «la blonde de mon père»

«Copine» et «copine», c’est réellement comme cela que Marie-Chantal Perron et sa belle-fille, Rose, se désignent entre elles, depuis maintenant cinq ans.
La BD «copine et Copine» aborde la relation belle-mère et belle-fille.
La BD «copine et Copine» aborde la relation belle-mère et belle-fille.

Au Québec, plus d’un enfant sur dix vit dans une famille recomposée. Les mots «belle-mère» et «beau-père» font partie du vocabulaire courant de plus en plus d’enfants. Pourtant, les belles histoires de réussite de ces relations se font plutôt rares, particulièrement en fiction. On vous dit «belle-mère», et vous risquez de penser à Cendrillon ou à Aurore, l’enfant martyre...

Le HuffPost Québec a profité de la sortie du roman graphique copine et Copine, qui relate une belle histoire d’amour entre une belle-maman et sa belle-fille, pour s’entretenir avec deux des autrices sur leur vision de cette relation. Dans leurs expériences personnelles, assurent-elles, il n’y a pas de jalousie, pas d’esclavagisme ni de pomme empoisonnée.

Elle-même belle-maman d’une petite fille de 10 ans (qu’elle ne séquestre pas ni n’en fait sa servante, juré), Marie-Chantal se cherchait un sujet pour l’écriture d’une BD.

«J’en parlais avec la journaliste Kim Nunès, dans une entrevue... et je lui disais à quel point les belles-mères avaient mauvaise presse. Et elle m’a dit: ″tu l’as, ton sujet″!»

La comédienne Marie-Chantal Perron est l'une des autrices du roman graphique «copine et Copine».
La comédienne Marie-Chantal Perron est l'une des autrices du roman graphique «copine et Copine».

Marie-Chantal s’est alors tournée vers celle avec qui elle partageait la scène, à ce moment, au Théâtre du Rideau-Vert. Tammy Verge, avec qui elle adorait échanger des romans graphiques, avait elle aussi vécu une histoire de belle-mère positive... mais en tant que belle-fille. Les deux comédiennes se sont donc associées à la journaliste Kim Nunès pour ce projet d’écriture, et l’illustratrice Amélie Dubois s’est jointe à elles pour donner vie à leurs personnages. C’est ainsi qu’est né copine et Copine.

Le roman graphique raconte l’histoire d’une jeune adulte qui tente de respecter les dernières volontés de «la blonde de son père», qu’elle préfère appeler «Copine» (avec un grand «C»). Et toute la place est laissée à cette relation entre les deux femmes, très riche, dans cette belle histoire qui se dévore d’une seule traite.

Des vraies copines

«Copine» et «copine», c’est réellement comme cela que Marie-Chantal Perron et sa belle-fille, Rose, se désignent entre elles, depuis maintenant cinq ans.

«Je suis entrée dans la vie de Rose quand elle avait cinq ans. Et au tout début, elle m’a demandé: ″Comment je vais t’appeler? Tu n’est pas ma mère, tu n’es pas ma soeur...″ Puis, elle a dit: ″Je vais t’appeler Copine!″ Et j’ai dit: ″C’est parfait″.»

Selon la comédienne, ce territoire de «copines» établit clairement qu’elle n’est là pour remplacer personne – un sujet souvent délicat au sein des familles recomposées.

«Moi, je ne suis pas quelqu’un qui voulait des enfants dans la vie, confie-t-elle. Alors Rose ne venait pas combler un désir maternel. Elle est arrivée avec Sébastien dans ma vie... et ç’a été un des plus beaux cadeaux de ma vie. Rose, c’est tellement un coup de foudre amical... avec un petit 42 ans de différence. C’est sûr que des fois, il faut faire de la discipline, mais on s’est beaucoup identifiées comme amies.»

Même si Rose ne sera jamais sa fille, Marie-Chantal Perron précise tout de même qu’elle se «jetterait sans hésitation devant un autobus pour elle».

La plus «Cool» des belles-mères

Tammy Verge avait dix ans lorsqu’elle a fait la connaissance de sa belle-mère, Murielle Cool.

«On n’en revenait pas que son nom de famille soit vraiment «Cool»! se souvient-elle. Je me rappelle qu’on avait beaucoup ri. On était allés manger une crème glacée, elle avait apporté un cadeau pour mon frère et moi. Mon père nous l’avait présentée comme une amie, mais mes petites antennes le savaient, que c’était plus que ça. Je voyais les étoiles dans leurs yeux.»

Ils ont emménagé ensemble quelques mois plus tard. Et une belle relation s’est tissée entre Tammy et sa belle-mère.

«C’était un peu comme une chum de fille, mais avec la maturité d’une personne dans la trentaine, puis la quarantaine…»

Tammy Verge, en compagnie de sa belle-mère Murielle Cool et de sa fille Jeanne Vézina-Verge
Tammy Verge, en compagnie de sa belle-mère Murielle Cool et de sa fille Jeanne Vézina-Verge

«C’est une relation particulière, quand on y pense ajoute-t-elle. C’est un adulte signifiant dans ton entourage, comme un parrain ou une marraine... mais qui va faire ta vaisselle, partager ta douche et laver ta bol de toilette!»

Tammy Verge est toujours très proche de sa belle-mère, à qui elle dédie son livre («À ma belle-mère à moi. La plus Cool.»). Elle préfère aujourd’hui la présenter comme son amie, plutôt que comme «la blonde de mon père», «parce qu’elle est tellement plus que ça!».

«Et elle est proche de mes enfants. Moi, elle ne pas m’a changé de couche... mais à mes enfants, oui!»

«copine et Copine» est disponible en librairie dès aujourd’hui.