POLITIQUE
07/02/2020 13:16 EST | Actualisé 07/02/2020 16:44 EST

La réforme de l'éducation sera contestée sur plusieurs fronts

La FAE a déjà fait savoir qu'elle ira au bout de tous les recours possibles.

Ryan Remiorz/PC
François Legault, lors d'une conférence de presse le 30 janvier dernier (Ryan Remiorz/PC)

Il n’aura même pas fallu attendre l’adoption de la réforme de l’éducation du gouvernement Legault pour savoir qu’elle serait contestée sur plusieurs fronts devant les tribunaux.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a fait savoir, vendredi, qu’elle ira au bout de tous les recours possibles, alors qu’une procédure de bâillon était entamée pour forcer l’Assemblée nationale à adopter à toute vapeur le projet de loi 40. Jeudi, la Fédération des commissions scolaires avait lancé le même message.

Cette pièce législative abolit notamment les commissions scolaires et les élections scolaires, mais porte aussi sur une série d’autres enjeux: personnel enseignant, formation, conseils d’établissement, regroupements de services, choix de l’école, rapports, révision des notes, rôle du directeur, etc.

Les commissions scolaires sont une “hypothèque à la réussite scolaire”, a plaidé le ministre Éric Caire dans le débat vendredi après-midi, en faisant valoir que le projet de loi redonne le pouvoir aux parents.

“Les parents ne sont pas des géniteurs incompétents”, a-t-il affirmé, avant de se faire répondre par la porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy: “de la grande classe au Salon bleu”.

Des élus scolaires ont plaidé que plusieurs régions du Québec tiennent à leurs commissaires, qui sont proches des parents. Ils ont dénoncé la “centralisation” induite dans le projet de loi et l’“autoritarisme” du gouvernement. On y voit même une dérive dangereuse pour l’avenir.

“C’est hallucinant, c’est très dangereux, et démocratiquement, c’est une descente aux enfers qu’on est en train de préparer, a dénoncé la commissaire scolaire Paulette Simard Rancourt, en mêlée de presse. Ça ne s’arrêtera pas là, la perte de démocratie au Québec, parce que quand on est capable d’imposer de tels changements qui impliquent une démocratie bafouée, on peut s’attendre à ce que ça continue.”

La FAE entend contester notamment les heures de formation imposées dans le projet de loi, parce qu’elles n’ont pas été convenues, comme il est coutume de le faire, dans un processus de négociation libre entre les deux parties.

Quant à la FCSQ, elle déplore que le projet de loi retire aux francophones le droit d’élire leurs représentants scolaires, tandis que les anglophones conserveront ce droit de vote.

Après près de 70 heures d’étude détaillée en commission parlementaire, le gouvernement a décidé cette semaine qu’il en avait assez, même si le texte de loi compte 300 articles et que plus de 160 pages d’amendements ont été déposées par le ministre Jean-François Roberge.