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12/08/2019 11:53 EDT | Actualisé 12/08/2019 13:48 EDT

Une consigne des bouteilles de vins doit être implantée et gérée par la SAQ, estime la FTQ

Les deux tiers du verre recueilli dans les bacs de récupération domestique aboutissent dans les sites d’enfouissement.

La FTQ estime qu’il est plus que temps qu’un système de consignation des bouteilles de vins et spiritueux soit implanté au Québec. Et son organisation et son opération doivent relever de la Société des alcools.

Dans le mémoire qu’elle présentera devant la commission parlementaire qui étudie les enjeux du recyclage et de la valorisation locale du verre, la plus grande centrale syndicale du Québec dit estimer que la SAQ, comme société d’État, “a un devoir d’exemplarité et une responsabilité sociétale” de récupérer et recycler les contenants qu’elle vend.

Le point de vue de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est d’autant plus intéressant qu’elle représente à la fois des travailleurs dans la fabrication du verre - 360 travailleurs chez Owens Illinois, à Montréal - ainsi qu’à la SAQ et dans la collecte des matières résiduelles et des déchets.

La FTQ souligne que les contenants de verre qui se retrouvent dans la collecte sélective se brisent souvent dans le transport - ce qui représente un risque de blessure pour les travailleurs - en plus de détériorer les équipements de tri et d’être contaminés par les autres matières. Lorsque la pureté est affectée, la valeur marchande est réduite, rappelle la centrale syndicale.

La gestion du verre est problématique: en 2010, 53 pour cent du verre récupéré était acheminé au recyclage, mais seulement 14 pour cent en 2015. La proportion est remontée à 37 pour cent en 2018, selon les données de Recyc-Québec. Le reste, soit les deux tiers, du verre recueilli dans les bacs de récupération domestique aboutit dans les sites d’enfouissement.

Les PME

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui représente les PME, a un point de vue divergent. Elle plaide au contraire pour le maintien de la collecte sélective. “Pourquoi réparer quelque chose qui n’est pas brisé?” demande-t-elle.

La collecte sélective “rejoint déjà 99 pour cent des Québécois et est bien ancrée dans leurs habitudes depuis plus de 20 ans. Ce système semble déjà être l’instrument tout désigné pour récupérer les contenants de boissons qui n’ont qu’un usage unique”, a plaidé la FCEI.

La commission parlementaire doit notamment entendre la SAQ et Recyc-Québec lundi.