POLITIQUE
20/06/2020 16:53 EDT | Actualisé 20/06/2020 16:53 EDT

Les conservateurs veulent que les députés votent en personne au Parlement

La leader parlementaire Candice Bergen dit que sa formation se méfie de tout ce que peuvent proposer les libéraux pouvant empêcher une majorité d’élus à revenir à la Chambre des communes.

THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick
La leader parlementaire conservatrice Candice Bergen dit que sa formation se méfie de tout ce que peuvent proposer les libéraux pouvant empêcher une majorité d’élus à revenir à la Chambre des communes.

OTTAWA — Les conservateurs fédéraux souhaitent un retour à normale au Parlement, mais ils continuent de s’opposer au vote électronique.

La leader parlementaire conservatrice Candice Bergen dit que sa formation se méfie de tout ce que peuvent proposer les libéraux pouvant empêcher une majorité d’élus à revenir à la Chambre des communes et éviter au gouvernement de répondre de ses décisions.

Selon elle, il existe d’autres solutions qui permettraient aux 338 députés de venir voter à la Chambre des communes tout en maintenant une distanciation physique pour empêcher la propagation de la COVID-19.

Dans une lettre adressée au président des Communes, Anthony Rota, plus tôt ce mois-ci, Bergen a suggéré six options différentes comme placer les députés dans des files d’attente «pour» et «contre» dans une cour entourant la Chambre des communes d’où ils pourraient entrer individuellement au Parlement pour enregistrer leur vote.

Mme Bergen propose aussi de demander à des petits groupes de députés de voter par roulement, de remettre des bulletins de vote et de permettre à chaque whip de «voter en bloc» au nom de ses collègues.

Un élu qui voudrait de pas suivre les consignes de vote de son parti aurait la possibilité de le faire.

«Quand les libéraux ne veulent pas de députés à Ottawa, je me méfie, avance Mme Bergen en entrevue. Quand ils veulent que les députés fassent leur travail dans un cadre agréable et lointain et où leurs pouvoirs sont dilués, où leurs responsabilités leur sont retirées, je suis très méfiante.»

De son côté, le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Pablo Rodriguez, dit ne pas comprendre pourquoi les conservateurs sont si opposés à une mesure qui permettrait aux députés de reprendre les activités normales sans risquer de transmettre la COVID-19.

«On est au XXIe siècle, rappelle M. Rodriguez. Il serait très, très simple de ramener le Parlement avec des députés présents à la Chambre, d’autres virtuellement. Les 338 députés participeraient. C’est ce que nous voulons, car c’est ce qu’il y a de mieux pour la démocratie. La seule différence étant le vote électronique.» 

M. Rodriguez juge que la position conservatrice n’a aucun sens, car elle obligerait les députés à faire de fréquents allers-retours entre leur circonscription et la capitale fédérale, augmentant du même coup la possibilité d’attraper la COVID-19 et de propager la maladie.

Les conservateurs réclament depuis plusieurs semaines la reprise des activités normales à la Chambre des communes. À l’heure actuelle, une cinquantaine de députés sont physiquement présents au Parlement. Le Bloc québécois s’est récemment rallié à cette idée après s’y être initialement opposé.

Le NPD s’y refuse quant à eux. Selon lui, les activités normales ne peuvent reprendre tant et aussi longtemps que le vote électronique des députés absents de la Chambre ne sera pas mis en place.

Entre-temps, les quatre formations ont convenu de tenir quatre fois par semaine des séances du comité spécial sur la pandémie de la COVID-19 composé de l’ensemble des députés. Un petit nombre d’élus peuvent participer aux débats en personnes tandis que les autres doivent le faire de manière virtuelle.

La dernière séance s’est déroulée jeudi. Quatre sessions semblables sont prévues au cours de l’été.

Les activités normales doivent reprendre le 21 septembre.

Le président de la Chambre des communes, Anthony Rota se dit convaincu que le vote électronique pouvait se faire en toute sécurité. Le comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre a été chargé de recommander une procédure précise pour ce faire d’ici la semaine prochaine.

Les conservateurs étaient ouverts à l’idée du vote électronique à la Chambre des communes, mais ils y sont maintenant opposés. «Je dirais que nous sommes progressivement devenus plus opposés à cette idée et plus méfiants», dit Mme Bergen.

La décision du premier ministre Justin Trudeau de se mêler aux milliers de manifestants protestant contre le racisme, à Ottawa, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

«C’était un signal clair pour les conservateurs que l’idée de fuir davantage toute reddition des comptes le préoccupe davantage que la santé et la sécurité, affirme Mme Bergen. Le Parlement a siégé pendant les guerres, la dépression et toutes sortes de crises et n’a pas eu recours au vote électronique. Tous les députés doivent être présents pour voter en personne et leur vote doit être enregistré comme tel.»

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