POLITIQUE
12/08/2019 10:00 EDT

Le virage nationaliste du PLQ s'annonce modéré

Le Parti libéral du Québec ne compte pas faire ressortir les enjeux désuets, mais plutôt afficher un «leadership québécois à l’intérieur du Canada».

La Presse Canadienne
Pierre Arcand (droite), le chef par intérim du Parti libéral du Québec

QUÉBEC — Le virage nationaliste qu’entend prendre le Parti libéral du Québec (PLQ) en vue de reconquérir l’électorat francophone s’annonce modéré.

Il n’est donc pas question de raviver les cinq conditions posées par le gouvernement libéral de Robert Bourassa, dans les années 1980, pour signer l’accord constitutionnel du Lac Meech, encore moins de dépoussiérer le rapport Allaire, adopté par le PLQ en 1991, et prônant une décentralisation jamais vue des pouvoirs, incluant le contrôle exclusif de 22 champs de compétence.

On ne prévoit pas davantage rouvrir les plaies du débat linguistique en donnant plus de mordant à la loi 101.

Ce qui se trame présentement au PLQ est beaucoup plus modeste.

“On n’est pas rendu là du tout”, a convenu le chef par intérim, Pierre Arcand, en point de presse, au terme du congrès annuel de l’aile jeunesse du parti, un événement axé sur la protection de l’environnement, mais surtout sur un repositionnement du parti en faveur d’un nationalisme plus affirmé.

Jusqu’à nouvel ordre, le parti voudra plutôt se contenter d’afficher une forme de “leadership québécois à l’intérieur du Canada”, a-t-il résumé.

Il revendique pour son parti “un nationalisme plus rassembleur” que celui prôné par le gouvernement caquiste, car le PLQ est le “parti des libertés” individuelles et ne vise pas à “enlever des droits” à quiconque.

Réunis en congrès, les jeunes militants libéraux ont adopté une série de résolutions visant à donner un visage plus nationaliste à leur formation politique, que les francophones ont largement boudée lors du dernier scrutin en octobre dernier.

L’interculturalisme

Après un débat animé, les jeunes libéraux ont finalement souscrit

à 68 pour cent à l’idée de voir un éventuel gouvernement libéral adopter une loi prônant le modèle de l’interculturalisme pour favoriser l’intégration des immigrants à la majorité francophone.

Pour gagner l’adhésion des militants, le président de la commission-jeunesse du parti, Stéphane Stril, a fait valoir au micro que l’interculturalisme ne remettait aucunement en question les droits des minorités, ni les libertés individuelles.

Certains jeunes ont pris la parole pour dire qu’ils craignaient l’interculturalisme, préférant le modèle du multiculturalisme à la canadienne.

En gros, l’interculturalisme peut se définir comme un modèle qui privilégie une identité collective commune, sans pour autant nier les différences des groupes qui composent la société, tandis que le multiculturalisme fait la promotion de la diversité ethnique.

Quant à lui, le chef par intérim, Pierre Arcand, n’a pas voulu se prononcer sur le sujet, préférant attendre “de consulter le caucus” des députés.

La députée de Saint-Henri-Sainte-Anne et candidate au leadership, Dominique Anglade, a endossé la position des jeunes et annoncé qu’une telle loi ferait partie de sa plateforme électorale.

Une constitution québécoise

Par un vote serré, les jeunes libéraux ont aussi voté en faveur de la rédaction d’une constitution québécoise.

Ils revendiquent par ailleurs le droit de voter dès l’âge de 16 ans.

“Si une dame âgée de 80 ans souffrant d’Alzheimer” peut voter, pourquoi pas un jeune de 16 ans?, a demandé Clara Cormier, de la circonscription de Verdun.

Un jeune libéral a pris le micro pour afficher son opposition à la résolution: selon lui, si les jeunes de 16 et 17 ans ont le droit de voter, “ils voteront tous pour Québec solidaire”.

Aucune résolution à l’étude ne portait spécifiquement sur la promotion de la langue française.

Le 37e congrès-jeunes du PLQ se tenait tout le week-end à l’Université Laval, à Québec, en présence de quelques centaines de jeunes militants.

Le prochain grand rassemblement des troupes libérales se tiendra à Sherbrooke en novembre pour le lancement officiel de la course au leadership visant à trouver un successeur à Philippe Couillard.

À VOIR AUSSI: Fraude associée au nom d’Hydro-Québec.