POLITIQUE
25/05/2020 11:54 EDT | Actualisé 25/05/2020 18:48 EDT

Ottawa discute avec les provinces pour offrir des congés de maladie payés

Il s’agissait là d’une demande du NPD pour appuyer la proposition du gouvernement d’adopter un Parlement hybride.

Adrian Wyld/La Presse canadienne
Justin Trudeau a indiqué que «la facture et les détails seront encore à fignoler», mais il s’attend à ce que le gouvernement fédéral en assume «une grande partie» avec ou sans la participation des provinces.

Ottawa dévoile que des discussions ont lieu avec les provinces et les territoires pour offrir dix journées de congé de maladie payées par année, sous trame de fond de négociations sur le retour du Parlement.

Le premier ministre Justin Trudeau l’a dit lors de son point de presse quotidien, lundi, au même moment où son gouvernement présentait une motion afin d’avoir un Parlement hybride, en personne et via des écrans, quatre jours par semaine, jusqu’en juin.

“Personne ne devrait avoir à choisir entre prendre un congé de maladie ou payer ses factures, tout comme personne ne devrait avoir à choisir entre rester à la maison parce qu’il a des symptômes de la COVID-19 ou pouvoir payer son loyer ou son épicerie”, a déclaré M. Trudeau.

En faisant cette déclaration, les libéraux s’assurent ainsi de l’appui du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui réclamait de tels congés de maladie, pour voter en faveur de leur motion.

Dans les faits, les discussions avaient déjà commencé à l’initiative du premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique, John Horgan, et plusieurs autres provinces “ont indiqué leur intérêt”, selon M. Trudeau.

Il espère en arriver à une entente en octobre ou en novembre, “quand les gens commencent à avoir des rhumes, quand l’hiver s’en vient et la saison de la grippe commence”, a-t-il précisé.

EN VIDÉO: «personne ne devrait avoir à choisir entre prendre un congé de maladie et payer ses factures»

De passage à Montréal, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit que la discussion ne fait que commencer avec Ottawa, mais il y a des questions sur qui paierait la note.

“Il faut voir qui paierait les congés, effectivement. Dans certains cas, les entreprises sont déjà en difficultés financières, donc ce serait difficile de leur demander de financer ces journées-là”, a-t-il dit.

M. Trudeau convient que “la facture et les détails seront encore à fignoler”, mais il s’attend à ce le gouvernement fédéral en assume “une grande partie” avec ou sans la participation des provinces.

Dans un communiqué de presse, après coup, le NPD s’est félicité de cet engagement et a prétendu que le chef Jagmeet Singh avait “obtenu” ces deux semaines de congé de maladie payé avant même l’aboutissement des négociations avec les provinces.

Aide aux loyers

Depuis lundi matin, les propriétaires de logement peuvent présenter une demande pour bénéficier du Programme d’aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial. Il aidera les locataires à abaisser leur loyer de 75 %.

Le moment pour faire une demande variera en fonction de la taille et de l’emplacement de la propriété commerciale.

Les propriétaires qui ont jusqu’à 10 locataires admissibles situés au Québec, en Colombie-Britannique, en Alberta ou dans la région de l’Atlantique peuvent faire leur demande dès lundi.

Mardi, ce sera le tour des propriétaires ayant jusqu’à 10 locataires admissibles situés au Manitoba, en Saskatchewan, en Ontario et dans les territoires. Tous les propriétaires d’immeubles au Canada pourront faire une demande dès vendredi.

La ministre de la Petite Entreprise, Mary Ng, a fortement encouragé les propriétaires à se prévaloir de ce programme, leur servant du même coup un avertissement.

“Si votre locataire déclare faillite et est évincé, vous allez perdre le flux constant de revenus dont vous dépendez et vous allez faire face à des coûts additionnels pendant que vous cherchez de nouveaux locataires”, a-t-elle dit.

Mme Ng ajoute que l’argent sera envoyé aux propriétaires dès la semaine prochaine.

Ottawa lance également une ligne téléphonique pour aider les entreprises et repousse la période de déclarations de revenus pour certaines d’entre elles jusqu’au 1er septembre.

Subvention salariale

Lundi, M. Trudeau et ses ministres ont esquivé toutes les questions relativement à l’utilisation de la subvention salariale pour payer les employés du Parti libéral du Canada (PLC).

Les libéraux, conservateurs, néo-démocrates et verts ont présenté une demande pour bénéficier de ce programme, mais la décision a été décriée pour les deux premiers partis qui ont récolté des millions en dons.

Les deux principaux candidats à la direction du Parti conservateur ont dénoncé la décision de leur propre parti au cours de la fin de semaine.

Lundi, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a dénoncé l’“horrible malhonnêteté” des libéraux et des conservateurs qui n’ont pas besoin de l’argent des contribuables, à son avis.

Le Bloc québécois est le seul parti représenté à la Chambre des communes qui n’a pas l’intention de demander la subvention salariale.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 1 479 000 tests administrés au Canada jusqu’à maintenant, dont quelque 22 300 par jour ces dernières semaines. Environ 5% d’entre eux ont détecté la maladie.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 85 682 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays, dont plus de la moitié sont guéris. La COVID-19 a provoqué la mort de 6538 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 47 987 cas au Québec, dont 4069 décès; 25 904 cas en Ontario, dont 2102 décès; 6860 cas en Alberta, dont 135 décès; 2517 cas en Colombie-Britannique, dont 157 décès; 1051 cas en Nouvelle-Écosse, dont 58 décès; 634 cas en Saskatchewan, dont sept décès; 292 cas au Manitoba, dont sept décès; 260 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 121 cas au Nouveau-Brunswick, tous guéris sauf un; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

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