Les jeunes Québécois moins forts sur le condom

Les hommes et les femmes ont offert des raisons similaires pour ne pas avoir utilisé le préservatif.

Lors de leur dernière relation sexuelle, 6 jeunes Canadiens sur 10 ont dit avoir utilisé un condom, mais ce sont les jeunes Québécois qui ont été les moins adeptes du port du préservatif au pays, selon une analyse de Statistique Canada diffusée mercredi.

Dans cette étude, les habitudes sexuelles des jeunes de 15 à 24 ans ont été examinées par l’agence fédérale de statistique.

Ceux qui n’ont pas utilisé de condom lors de leur dernière relation sexuelle ont fourni une panoplie de raisons: être dans une relation monogame (48 %), avoir utilisé une autre méthode de contraception (47 %), ne pas penser qu’il y avait un risque d’infection transmissible sexuellement (24 %), ne pas aimer les condoms (22 %) et ne pas penser qu’il y avait un risque de grossesse (18 %) ou encore être en train d’essayer d’avoir un enfant. Les répondants pouvaient évidemment fournir plus d’une raison.

Les jeunes Ontariens et Saskatchewanais actifs sexuellement ont été plus nombreux à l’utiliser lors de leur dernière relation (67 % et 72 % respectivement) que les Québécois qui n’ont été que 48 % — le plus faible pourcentage.

Les hommes et les femmes ont offert des raisons similaires pour ne pas avoir utilisé le petit préservatif, à quelques exceptions près. Les femmes étaient plus susceptibles d’invoquer la monogamie ou la grossesse (y compris le fait d’essayer de concevoir un enfant), tandis que les hommes étaient plus nombreux à déclarer ne pas en avoir eu sous la main.

L’usage diminue avec l’âge: chez les 15-17 ans actifs sexuellement, ils étaient 80 %, chez les 18-19 ans, 67 %, et 55 % chez les 20 à 24 ans.

Dans ce dernier groupe, ils étaient plus nombreux à avoir expliqué ne pas avoir utilisé de condom parce qu’ils tentaient d’avoir un enfant.

Ces données, les plus récentes sur le sujet, ont été prélevées dans le cadre de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2015 et 2016.

À ce moment, environ la moitié des jeunes de 15 à 24 ans (2,2 millions) ont rapporté avoir eu des relations sexuelles au cours de la dernière année.

Plus ils étaient jeunes, plus le pourcentage était faible: 23 % des 15 à 17 ans ont eu des relations sexuelles, contre 58 % des 18 à 19 ans et 78 % des 20 à 24 ans.

Pour Statistique Canada, les données sur les comportements sexuels, l’utilisation du condom et la prévention des grossesses non désirées et des infections transmises sexuellement (ITS) peuvent aider les secteurs de la santé publique et de l’éducation à créer des programmes efficaces pour promouvoir la santé sexuelle.

«Un grand nombre de jeunes au Canada sont actifs sexuellement et ne prennent pas les mesures indiquées pour réduire les résultats pouvant avoir une incidence négative sur leur santé sexuelle et génésique», est-il indiqué dans la note d’analyse.

Les taux déclarés d’ITS à déclaration obligatoire ont considérablement augmenté depuis 2001, ces infections touchant de façon disproportionnée les jeunes de moins de 30 ans, souligne l’organisme. Par ailleurs, 1 jeune femme active sexuellement sur 10 a déclaré avoir utilisé un contraceptif d’urgence au cours des 12 mois précédant l’enquête.