POLITIQUE
10/05/2019 16:05 EDT

Une commission parlementaire presque uniquement en anglais

Le député péquiste Joël Arseneau a tenu à exprimer son «profond malaise».

Mario Beauregard/La Presse canadienne
Le député péquiste Joël Arseneau (photo d'archives)

QUÉBEC — «Profond malaise» linguistique vendredi en commission parlementaire sur la réforme de l’industrie du taxi à l’Assemblée nationale.

L’audience avec la multinationale californienne Lyft s’est déroulée en quasi-totalité en anglais, alors qu’il y avait pourtant un service de traduction des échanges.

Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, a tenu à exprimer son «profond malaise» et à s’objecter auprès de ses collègues des autres formations, soit les élus du gouvernement caquiste et de l’opposition libérale.

La présidence de la commission a rappelé qu’il n’y a pas de règles sur une langue d’usage en commission parlementaire.

Avec ironie, M. Arseneau a répliqué qu’«il n’y a pas de règlement qui nous oblige à respecter les Québécois de langue française et de s’adresser à eux sur un dossier aussi fondamental, que ce projet de loi 17 qui modifie du tout au tout les règles qui permettent aux Québécois d’avoir des services de transport de personnes».

En entrevue avec La Presse canadienne, M. Arseneau a estimé que la situation était ahurissante. Il s’est dit choqué que, dans le seul Parlement de langue française en Amérique du Nord, on abdique aussi facilement sa vigilance et sa responsabilité.

«Il s’agit d’une formidable métaphore de la prise de contrôle de l’industrie du taxi par des intérêts étrangers basés à San Francisco», a-t-il déclaré.