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08/02/2020 10:37 EST

Comment le nouveau virus a envahi un hôpital de Wuhan et contaminé le personnel médical

Une étude parue vendredi confirme de façon éloquente la vulnérabilité des personnels soignants face au virus.

STR via Getty Images
Cette photo prise le 22 janvier 2020 montre des membres du personnel médical portant des combinaisons de protection à l'hôpital Zhongnan de Wuhan, dans la province centrale du Hubei, en Chine.

Quarante personnels de l’hôpital universitaire de Zhongnan à Wuhan ont été contaminés par le nouveau coronavirus chinois en janvier, selon une étude parue vendredi qui confirme de façon éloquente la vulnérabilité des personnels soignants face au virus.

Un malade admis au service de chirurgie pour des douleurs abdominales a contaminé à lui seul dix personnels soignants, selon cette étude conduite par des chercheurs et médecins de Wuhan et publiée vendredi dans la revue médicale américaine Jama.

Dix-sept personnes qui étaient hospitalisées pour d’autres raisons ont aussi été contaminées par le coronavirus pendant leur séjour dans l’établissement. Au total, sur 138 cas consécutifs dans cet hôpital entre le 1er et le 28 janvier, 41% ont été infectés à l’intérieur.

L’étude est publiée quelques heures après la mort d’un ophtalmologue de Wuhan sanctionné pour avoir tiré la sonnette d’alarme fin décembre sur l’épidémie naissante, le docteur Li Wenliang, 34 ans, qui avait lui-même été infecté par un de ses patients. La nouvelle de son décès a provoqué une vague de colère sur le réseau social chinois Weibo.

Dans l’hôpital de Zhongnan, les personnels des unités de soins généraux représentaient la plupart des cas (31 sur 40), suivis par ceux des urgences et de l’unité de soins intensifs.

Un malade a contaminé trois autres patients qui étaient dans la même unité, où ils étaient traités pour des douleurs abdominales.

L’exemple du patient qui a contaminé 10 personnes à lui seul montre les dangers de l’hôpital dans la première phase de l’épidémie, alors qu’en moyenne, on estime actuellement qu’une personne infectée en contamine 2,2 autres.

«Si c’est vrai, cela confirme que certains patients sont probablement plus contagieux que d’autres, ce qui crée de nouvelles difficultés pour la gestion de leurs cas», a commenté le docteur Michael Head, de l’université de Southampton, via le Science Media Centre.

Un haut responsable provincial chinois a admis jeudi que le personnel médical manquait de masques et de combinaisons pour se protéger.

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