Coiffeurs, ils ont repris le travail et témoignent

Voici la nouvelle réalité de ceux qui vont sculpter et colorer nos crinières.

Les salons de coiffure ont officiellement rouvert leurs portes le 15 juin, en accord avec le guide des normes sanitaires. Quelle est la nouvelle réalité de ceux qui vont sculpter et colorer nos crinières?

«Cette semaine, j’ai 75 clientes!», explique Yan de la Sablonnière, coloriste au salon L’Atelier. Après des mois de confinement, privés de leurs coiffeurs et coloristes préférés, les clients se sont rués sur leur téléphone pour booker enfin leur rendez-vous.

Plus de 1000 messages pour Olivier Miotto, copropriétaire du salon Suite 105 par GLAM, qu’il a fallu gérer le plus intelligemment possible tout en respectant l’ordre de priorité et en ne froissant aucune susceptibilité. Même son de cloche pour Pascal Gauthier, copropriétaire du salon Hed qui a dû jongler avec les 850 demandes reçues.

Avec les mesures de distanciation, pas plus de 3 clientes n’entrent à la fois dans le salon (très spacieux) du boulevard Saint-Laurent. L’espace entre chaque coiffeur ne les a pas obligés à placer des Plexiglas entre chaque station; en revanche, à la caisse tout comme aux postes shampoings, les séparations en plastique protègent les clientes et le personnel.

Chaque salon a dû se conformer aux règles de la CNESST, le guide des normes sanitaires en milieu de travail pour le secteur des soins personnels et de l’esthétique - COVID-19. En voici un bref aperçu:

Distanciation physique

• Dans la mesure du possible, une distance minimale de 2 mètres entre les personnes doit être gardée au travail, de l’arrivée à la sortie ;

• Cette distance doit également être maintenue pendant les pauses et l’heure du dîner ...

Et lorsque la distanciation de 2 mètres n’est pas possible:

Un masque de procédure et une protection oculaire adaptée au risque (lunettes de protection ou visière recouvrant le visage jusqu’au menton) sont portés par le personnel qui exécute une tâche nécessitant d’être à moins de 2 mètres d’une autre personne, et ce, en absence de barrières.

Un nouveau quotidien

Masque de procédure ou visière en plastique, lunettes et gants (pas obligatoires), blouse et tablier à changer régulièrement, c’est le nouvel uniforme pour les coiffeurs - qui demandent pour certains à leurs clients de porter un masque et de se conformer à des règles qu’ils leur ont communiquées préalablement.

«Pas facile de coiffer avec un masque, mais on va s’y habituer, raconte Olivier Miotto. Lorsque mes clientes en porte un, nous ne les obligeons pas, il faut les visualiser sans et leur faire retirer de temps en temps. Une coupe de cheveux embrasse l’ensemble du visage, difficile d’isoler une partie de celui-ci pour couper un carré par exemple. Pour les franges, je dispose une sorte de petite visière en plastique qui nous protège tous.»

De nouvelles façons de procéder qui impliquent notamment de tout désinfecter entre chaque client et des gestes à intégrer et à reproduire entre chacun d’eux. Il faut un quart d’heure pour procéder à la désinfection entre chaque rendez-vous.

«Je compte désormais 1h15 par client(e), c’était 1 heure avant la COVID-19, explique Olivier Miotto. Toute une gestion qui a demandé de repenser les horaires de chaque coiffeur en plus de la disposition de la salle.»

Pour certains salons, les jours d’ouverture ont été modifiés, pour d’autres ce sont les horaires. Pour Yan de la Sablonnière, ce sont des plages horaires de 6 heures de travail. C’est un peu comme reprendre l’école après les longues vacances d’été. Stressé, mais heureux de reprendre du service.

«Je n’ai pas peur pour moi ni pour mes clientes, nous avons pris toutes les dispositions nécessaires conformément à la CNESST. C’est sûr que les rapports avec les clientes vont changer dans un premier temps, mais pas à long terme. Je ne suis pas inquiet.»

Même sentiment pour Olivier Miotto, qui a repris ses ciseaux dès vendredi dernier en allant couper les cheveux du personnel soignant de l’Hôpital Notre-Dame.

«Une infirmière m’a rassuré en me disant qu’après 10 jours, on ne se rendrait plus compte du masque qu’on porte. C’est une nouvelle réalité à intégrer, tout simplement!»