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19/08/2020 19:18 EDT

Des cliniques pédiatriques sous des tentes à Montréal pour les 0-5 ans vulnérables

L’initiative est celle de DocTocToc, un organisme sans but lucratif dont la mission est d’offrir des services médicaux et psychosociaux aux petits qui n’ont pas autrement accès aux services de santé.

Shinyfamily via Getty Images

MONTRÉAL — Des cliniques pédiatriques sous des tentes apparaîtront jeudi matin sur un coin de rue à Montréal-Nord, pour évaluer, soigner et vacciner des enfants vulnérables dont le suivi médical a pu être chamboulé par la pandémie de COVID-19.

L’initiative est celle de DocTocToc, un organisme sans but lucratif dont la mission est d’offrir des services médicaux et psychosociaux aux petits de 0 à 5 ans qui n’ont pas autrement accès aux services de santé. 

Le projet pilote, décrit comme «des cliniques pop-up» — pour refléter le fait qu’elles surgiront soudainement dans un quartier de Montréal — est une première pour l’organisme.

DocTocToc cherche à se doter d’une clinique roulante, pour aller offrir des soins aux gens vulnérables, là où ils se trouvent. En attendant d’avoir l’argent pour se procurer le véhicule nécessaire, il a créé cet autre projet, constatant qu’au Québec aussi, «la pandémie a exacerbé les inégalités sociales en santé».

Et l’un des quartiers les plus touchés par la COVID-19 a été celui de Montréal-Nord.

Durant la pandémie, l’accent a été mis sur le dépistage du virus, et certains soins ont été recentrés autour des aînés, frappés durement par la maladie, a indiqué en entrevue téléphonique Dre Rislaine Benkelfat, la directrice générale de DocTocToc.

Mais aussi, des familles avaient peur d’aller consulter en clinique ou à l’hôpital, craignant d’y contracter le virus. D’autres n’avaient pas ce qu’il fallait en termes de technologie pour les téléconsultations offertes. Des rendez-vous de vaccination ont été reportés.

Mais même sans pandémie, il y a de grands besoins en soins de santé chez les populations vulnérables, estime la docteure, un problème auquel s’attaquait déjà son organisme.

«On cherche à renforcer l’offre en santé et en services sociaux, explique Dre Rislaine Benkelfat. On veut offrir des services de proximité, dans la communauté, pour se rapprocher des gens.»

«Pour les familles vulnérables, il y a pas mal de barrières qui existent»: des barrières économiques, d’autres géographiques (si elles habitent loin des cliniques) ou encore psychologiques si elles ont eu de mauvaises expériences dans le passé.

La petite enfance étant une période cruciale où les enfants se développent très rapidement, il est important d’agir tôt afin d’éviter certains problèmes de santé et de développement, prône l’organisme. Ce projet pilote veut offrir aux familles un guichet unique pour la consultation médicale, le dépistage de problématiques médicales et psychosociales diverses et la vaccination.

Une équipe composée de médecins, d’infirmières, de travailleurs sociaux et d’intervenants communautaires ira à la rencontre des familles du quartier ayant des enfants de 0 à 5 ans — sans besoin de rendez-vous.

D’offrir les vaccins aux familles qui n’ont pu se déplacer pendant la pandémie est un peu un incitatif pour les amener sous leurs tentes extérieures: une fois sur place, un dépistage neuro-développemental des enfants pourra être fait, souligne la docteure.

Les premières cliniques pop-up se tiendront jeudi, vendredi et samedi, de 10h à 16h sur la Place de l’Harmonie, au coin du boulevard Rolland et de la rue Pascal.

Elles sont offertes en collaboration avec le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal et l’organisme Parole d’excluEs.

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