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2020 aura été l'une des années les plus chaudes depuis le 19e siècle

«C’est comme le film "Le jour de la marmotte". Autre année, même histoire d’année record», résume un climatologue

En plus d’être exceptionnelle sur le plan épidémiologique, l’année 2020 aura été aussi l’une des plus chaudes - sinon la plus chaude - jamais enregistrée sur la Terre depuis le 19e siècle, indiquent jeudi des agences météorologiques mondiales.

Alors que la NASA et quelques autres agences de mesure soutiennent que 2020 a dépassé ou égalé essentiellement 2016 comme l’année la plus chaude jamais enregistrée, d’autres agences, y compris l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, estiment que 2020 arrive en fait en deuxième ou troisième place de ce palmarès météorologique.

Les écarts dans les classements reposent essentiellement sur la façon dont les scientifiques ont comblé le manque de données pour l’Arctique, une région qui se réchauffe plus rapidement que le reste du globe.

“C’est comme le film ‘Le jour de la marmotte’. Autre année, même histoire d’année record”, résume Michael Mann, climatologue à l’Université d’État de Pennsylvanie, qui ne faisait pas partie lui-même des équipes qui ont fait ces mesures. “Alors que l’on continue à générer de la pollution par le carbone, il faut s’attendre à ce que la planète se réchauffe - et c’est précisément ce que l’on observe.”

Les scientifiques rappellent d’ailleurs qu’on n’a qu’à regarder par la fenêtre. “Vagues de chaleur, incendies, fontes des glaces dans l’Arctique”, rappelle Gavin Schmidt, climatologue à la NASA.

L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) conclut que la température moyenne en 2020 était de 14,88 degrés Celsius, quelques centièmes de degré derrière 2016. La NASA, de son côté, estime que 2020 était à peine plus chaude que 2016 _pratiquement à égalité. L’agence européenne Copernicus parle elle aussi d’une quasi-égalité avec 2016. L’agence japonaise croit que 2020 a été plus chaude que 2016, mais d’autres scientifiques japonais ont placé 2020 troisième, mais pas très loin derrière 2016 et 2019.

L’Organisation météorologique mondiale, l’agence météorologique britannique et l’équipe de surveillance de Berkeley conservent 2016 comme année la plus chaude. Les mesures de la NOAA et de la NASA remontent à 1880, tandis que l’agence britannique recense des lectures depuis 1850.

Les six dernières années: les plus chaudes

“Malgré les écarts observés, la chose clé à retenir est que les tendances à long terme sont très clairement toujours à la hausse”, rappelle M. Schmidt, de la NASA. “Nous sommes dans cette position où nous pouvons pousser le système climatique hors des limites dans lesquelles il se trouve depuis des dizaines de milliers d’années, voire des millions d’années.”

De fait, toutes les agences de surveillance conviennent que les six années les plus chaudes jamais enregistrées sont les six dernières années, depuis 2015. Et les 10 années les plus chaudes se situent toutes depuis 2005. Les scientifiques s’entendent pour dire que le réchauffement du climat est attribuable à la combustion des hydrocarbures - charbon, pétrole et gaz naturel.

«On ne peut plus viser [une hausse limite de] 1,5 degré Celsius, maintenant: il est trop tard pour changer les choses.»

- Jason Furtado, professeur de météorologie à l’Université de l’Oklahoma

La chaleur exceptionnelle de l’année dernière “est un autre rappel brutal du rythme incessant du changement climatique, qui détruit des vies et des moyens de subsistance sur notre planète”, a déclaré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans un communiqué. “Faire la paix avec la nature est la tâche déterminante du 21e siècle.”

Les États-Unis, qui ont connu leur cinquième année la plus chaude, ont battu leur record du nombre de catastrophes météorologiques en 2020, avec 22. L’ancien record de 16 catastrophes météorologiques avait été établi en 2011 et 2017.

La Terre s’est maintenant réchauffée de 1,2 degré Celsius depuis l’époque préindustrielle et on ajoute 0,2 degré par décennie. À Paris en 2015, les nations du monde se sont fixé pour objectif de limiter ce réchauffement à un niveau inférieur à 2 degrés, voire 1,5 degré.

“On ne peut plus viser 1,5 degré Celsius, maintenant: il est trop tard pour changer les choses”, a estimé Jason Furtado, professeur de météorologie à l’Université de l’Oklahoma, qui ne faisait partie d’aucune des équipes de mesure. “Je crains également que le seuil de 2 degrés ne soit plus accessible non plus, à moins que les changements ne deviennent beaucoup plus immédiats aux États-Unis et dans d’autres pays.”

La Terre s’est réchauffée de 0,9 degré depuis 1942, date de la naissance du président élu Joe Biden, et de 0,6 degré depuis 1994, lorsque Justin Bieber est né, selon les données de la NOAA.

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