DIVERTISSEMENT
03/04/2020 16:47 EDT | Actualisé 03/04/2020 17:14 EDT

Le Cirque du Soleil serait en défaut de paiement

L'entreprise aurait raté l’échéance de certains paiements.

zz/KGC-03/STAR MAX/IPx

À la recherche d’un moyen pour se renflouer après avoir annulé tous ses spectacles et mis à pied la quasi-totalité de ses employés en raison de la pandémie de COVID-19, le Cirque du Soleil aurait raté l’échéance de paiements pour le remboursement de certaines marges de crédit, selon deux des principales agences de notation.

Aux yeux de Moody’s et Standard and Poor’s, cela correspond à un défaut de paiement, ont-elles signalé dans des rapports publiés respectivement jeudi et vendredi.

L’échéance pour ces versements était le 31 mars, ont signalé les deux institutions new-yorkaises.

“Nous ne nous attendons pas à voir l’entreprise effectuer les paiements au cours de la période de grâce de cinq jours”, a écrit Standard & Poor’s, dans son rapport où elle a également décoté le Cirque en faisant passer sa note de “CCC-” à “D” _ ce qui correspond à un défaut de paiement.

Invitée à confirmer le contenu des rapports des deux agences de notation, la porte-parole du Cirque, Caroline Couillard, n’a pas fourni plus de précisions, dans un courriel envoyé à La Presse canadienne.

“Nous faisons face à la crise et travaillons sans relâche avec tous nos actionnaires et les gouvernements du Québec et du Canada afin de trouver les meilleurs moyens de limiter les répercussions de la pandémie sur notre entreprise”, a-t-elle écrit.

Le Cirque, qui a licencié 4679 employés, soit 95 % de son effectif le 19 mars dernier, serait en train d’explorer diverses options afin de garder la tête hors de l’eau. L’entreprise pourrait tenter de restructurer sa dette et même se placer à l’abri de ses créanciers, a récemment rapporté Reuters.

Il y aurait des discussions avec la Caisse de dépôt et placement du Québec (CPDQ) _ un des actionnaires minoritaires de la compagnie _ à propos d’une injection de capital ou d’un prêt, a avancé vendredi l’agence Bloomberg, citant des sources anonymes au fait du dossier.

Ni le Cirque ni le bas de laine des Québécois n’ont voulu apporter plus de précisions.

“Nous suivons la situation de près pour toutes nos entreprises en portefeuille”, s’est limité à dire le directeur principal des relations avec les médias de la Caisse, Maxime Chagnon.

Plus tôt cette semaine, la CDPQ avait annoncé une enveloppe de 4 milliards $ visant à appuyer les entreprises québécoises secouées par les turbulences provoquées par le nouveau coronavirus. Cette mesure pourrait aider le Cirque, qui figure notamment au Registre des lobbyistes du Québec dans l’espoir d’obtenir un coup de pouce financier _ comme une subvention, un prêt ou un octroi de capital _ de la part du gouvernement Legault.

La dette de la compagnie fondée par Guy Laliberté serait estimée à 900 millions $ US.

L’actionnaire principal du Cirque est le fonds d’investissement américain TPG Capital, avec une participation de 60 %, contre 20 % pour la firme chinoise Fosun Capital Group et 20 % pour la CDPQ.

En février, la Caisse avait racheté la participation de 10 % de M. Laliberté. Le montant de la transaction n’avait pas été dévoilé, mais la valeur de ce bloc d’actions détenu par l’homme d’affaires était estimée à bien plus de 100 millions $.

Pour la période de 12 mois terminée en septembre dernier, le Cirque aurait généré des revenus d’environ 950 millions $, avait calculé Moody’s le mois dernier. Au cours de la prochaine année, l’entreprise aura besoin d’au moins 165 millions $ US, estimait Moody’s, alors qu’elle avait accès à 120 millions $ US - ce qui comprend sa facilité de crédit - à la fin de 2019.