DIVERTISSEMENT
03/08/2020 08:15 EDT

Le mauvais temps sourit aux salles de cinéma

L'absence de nouveautés fait toutefois la vie dure aux propriétaires des cinémas.

Paul Chiasson/La Presse canadienne

MONTRÉAL — Le temps gris et les averses sur le sud du Québec, dimanche, ont donné le parfait prétexte à bien des cinéphiles de renouer avec leur salle de cinéma. Un achalandage bien apprécié pour un secteur qui peine à se remettre en marche.

Vincent Guzzo, propriétaire de la chaîne du même nom, reconnaît sans détour l’impact instantané du mauvais temps.

«Après la séance de 13 heures, on a déjà eu plus de personnes que dans toute la journée (de samedi)», compare-t-il en ajoutant que plus les gens savent d’avance qu’il va pleuvoir, plus l’affluence augmente puisqu’ils planifient leur sortie cinéma plutôt que de s’y rabattre à titre de plan B.

Vincent Guzzo évalue que son chiffre d’affaires ne s’élève qu’à 10-15 % de ce qu’il devrait être à cette période de l’année. Lors de jours de pluie, il dit observer des pointes équivalentes à 30-35 % du chiffre d’affaires prévu.

Les jeunes familles et les groupes d’ados semblaient composer la majorité de la clientèle au Mega-Plex Marché central 18, à Montréal, un établissement des Cinémas Guzzo. Le propriétaire de la chaîne affirme que ce sont justement les films pour enfants qui ont la cote, ainsi que le film d’horreur «La malédiction d’Aurore Gagnon» qui exploite l’histoire vécue de celle qui a été surnommée «Aurore l’enfant martyre».

Au Cineplex Odeon Quartier Latin, les clients se faisaient plus nombreux en cette matinée maussade, dimanche. Un employé rencontré sur place, qui n’avait pas la permission de s’adresser aux médias, a tout de même concédé que la reprise est plus lente. Il considère tout de même l’achalandage encourageant dans les circonstances d’une pandémie de coronavirus.

Sous la marquise, Marc Gagné attendait un ami pour assister à une deuxième projection depuis que l’établissement a rouvert ses portes. «On y va pour soi. C’est important de sortir et de retrouver nos goûts», souligne-t-il en précisant avoir un faible pour les films québécois.

Au siège social de la chaîne Cineplex, le vice-président à l’exploitation pour l’Est du Canada et directeur général au Québec, Daniel Séguin, explique que l’entreprise a adopté une stratégie de relance par phases. Ce qui fait qu’environ la moitié de ses établissements sont actifs au pays, dont une dizaine de ses 20 cinémas au Québec. L’ensemble des salles devraient être en activité d’ici la fin du mois, avance M. Séguin.

«On est loin d’où on était originalement, mais on voit tranquillement qu’avec l’arrivée de nouveautés en salle les gens vont revenir. On est confiant, il faut juste commencer à retrouver des nouveautés», insiste le DG de Cineplex au Québec.

Des sorties attendues

L’absence de «blockbusters» à l’affiche continue de faire mal aux exploitants de salles de cinéma. Les titres attendus comme «Tenet», du réalisateur Christopher Nolan et «Mulan», une production de Disney, ont notamment été reportés alors que ceux-ci devaient paraître en juillet.

Chez Cineplex, on se réjouit tout de même d’importantes sorties de films québécois comme «Suspect numéro un» et «Mon cirque à moi», attendu le 14 août. On mise aussi sur la diffusion de parties des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey pour attirer la clientèle en salle.

Toutefois, la véritable relance devrait avoir lieu dans les prochaines semaines grâce aux films américains «Bob l’éponge» («Sponge Bob»), «Enragé» («Unhinged») et «Tenet», qui seront lancés au Canada avant même d’être disponibles aux États-Unis. Une première dans l’histoire d’Hollywood, selon Vincent Guzzo.

Ces nouveautés arrivent d’ailleurs à temps pour l’entrée en vigueur d’une nouvelle limite maximale d’accueil à l’intérieur des salles. La norme de 50 personnes maximum passera à 250 personnes dès lundi au Québec.

Les indépendants s’accrochent

Les cinémas indépendants et leurs petites salles exiguës font face à un autre défi, soit celui d’admettre le plus de cinéphiles possible tout en respectant les règles de distanciation physique.

Il semble toutefois que la passion des amoureux du septième art n’ait pas été affectée par la COVID-19.

Au Cinéma du Parc, dimanche, la programmation spéciale de l’événement «Minuit au Parc» semblait avoir atteint son public cible qui affluait à l’établissement montréalais.

Là encore, les employés n’étaient pas autorisés à s’adresser aux médias sans autorisation préalable, mais on a pu apprendre que la journée pluvieuse s’est avérée favorable. On estime aussi que la position géographique du cinéma, au coeur d’un quartier densément peuplé, favorise une meilleure stabilité de la fréquentation. On admet quand même un ralentissement des activités.

D’ailleurs, le marché des salles de cinéma vivait déjà des temps difficiles bien avant la crise sanitaire du coronavirus et la crise économique qui l’a suivie.

Selon les données de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, diffusées par l’Institut de la statistique du Québec, la fréquentation des salles de cinéma avait déjà chuté l’an dernier de 2,4 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.

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