POLITIQUE
02/09/2018 15:48 EDT | Actualisé 04/09/2018 08:47 EDT

Christian Dubé se présentera dans La Prairie pour la CAQ

L'ancien député de Lévis avait quitté son siège pour un poste à la Caisse de dépôt et placement.

PC/Jacques Boissinot

Le nouveau candidat de la Coalition avenir Québec dans La Prairie, Christian Dubé, s'engage "solennellement" à aller au terme de son mandat s'il est élu le 1er octobre.

Lundi, l'ancien premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec a promis, main sur le coeur, de siéger pendant quatre ans comme député, peu importe si la CAQ forme le prochain gouvernement.

Élu en 2012 dans Lévis, puis réélu en 2014, M. Dubé avait choisi de quitter le navire caquiste pour aller occuper un poste de haute direction à la Caisse de dépôt.

Son départ avait provoqué une élection partielle, qui avait coûté 600 000 $ aux contribuables québécois.

Il ne serait pas revenu en politique, a-t-il dit, n'eût été du départ inattendu de Stéphane Le Bouyonnec, qui a démissionné de son poste de président de la CAQ la semaine dernière, et s'est retiré de la course électorale dans La Prairie.

Je pense que M. Dubé contribue au cynisme de la population face à la classe politique.Manon Massé

Après une semaine difficile, le chef caquiste François Legault tentait de tourner la page en présentant son nouveau - et dernier - candidat. Mais les accusations d'opportunisme politique ont rapidement fusé.

"Je pense que M. Dubé contribue au cynisme de la population face à la classe politique, a réagi la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé. Trente jours avant la nouvelle élection, la CAQ est bonne dans les sondages, il réapparaît. Honnêtement, ce n'est pas sérieux."

"Ça n'a rien à voir avec les sondages, parce que si c'était les sondages, j'aurais sauté il y a un mois et demi", a argué l'homme de 61 ans, en point de presse dans une salle de réception bondée à La Prairie. Il a précisé n'avoir en aucun temps exigé un poste de ministre au sein d'un éventuel gouvernement caquiste.

Lorsqu'il siégeait comme député, il était porte-parole de son parti en matière de finances et du Conseil du trésor.

"Aujourd'hui, l'engagement que j'ai pris, c'est non seulement de vouloir aider, mais je prends 100 pour cent la mesure que c'est possible (...) qu'on soit dans l'opposition", a-t-il ajouté.

"Il y a quelque chose d'un peu léger dans cet aller-retour", a pour sa part commenté le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, lundi.

REM et entente de confidentialité

Par ailleurs, M. Dubé s'est fait plutôt avare de commentaires au sujet du projet de Réseau express métropolitain (REM), piloté par la Caisse de dépôt et qui prévoit la construction de trains en Inde.

Il a d'abord indiqué être lié à une entente de confidentialité, avant de braquer le projecteur sur le gouvernement libéral, qui n'aurait pas exigé de contenu local, selon lui.

La CAQ est favorable au projet de REM, mais assure qu'elle aurait exigé du contenu québécois. François Legault a été accusé par les libéraux de ne pas respecter l'indépendance de la Caisse de dépôt.

"Il faut faire une différence entre les décisions qui sont, je dirais, de nature gouvernementale, a avancé M. Dubé. Le gouvernement pourrait ou ne pourrait pas décider qu'il y ait un contenu minimum québécois. Ça, c'est une décision du gouvernement.

En l'absence d'une telle demande, "comme gestionnaires de l'État, on devait faire le projet au meilleur coût et le meilleur projet", a-t-il affirmé.

M. Dubé a manoeuvré à travers les questions délicates en se posant à la fois en défenseur de la Caisse, et des positions de son parti.

"Ce que la Caisse a décidé, les décisions politiques du gouvernement, ça je ne peux pas vous dire que j'ai besoin de revenir là-dessus. Mais est-ce que je supporte le fait que la CAQ a demandé du contenu québécois? Je supporte ça à 100 pour cent", a-t-il déclaré.

Pour moi, la Caisse, avec le jeu de cartes qu'elle avait pour être capable d'amener ce projet-là à terme au meilleur coût, aux meilleures conditions, a pris les meilleures décisions.Christian Dubé, sur le REM

S'il avait déjà songé à renégocier le contrat avec la Caisse de dépôt, François Legault affirme aujourd'hui qu'il lui sera impossible de le faire en tant que premier ministre, sans imposer aux Québécois une pénalité d'un milliard de dollars.

"Ça vient un peu répondre à la question, (...) ça devient difficile d'assumer un milliard de pertes pour revoir le contrat", a conclu M. Legault.

Le REM est un projet de près de 7 milliards $, financé à hauteur de 3 milliards $ par la Caisse, tandis que Québec et Ottawa fournissent 1,3 milliard $ chacun, et Hydro-Québec plus de 300 millions $.

Il comprend une grande ligne allant de la couronne nord (Deux-Montagnes) jusqu'en Montérégie (Brossard) en passant par l'île de Montréal, ainsi que deux segments vers l'ouest de l'île, pour un total de 26 stations.

Un gouvernement Legault prolongerait le REM de Brossard jusqu'à Chambly. Plus encore, il mandaterait la Caisse pour étudier un prolongement qui irait jusqu'à Boucherville, dans le corridor de l'autoroute 30, tandis qu'un raccord à la station de métro Longueuil serait envisagé avec un autre train léger, par le boulevard Taschereau.