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21/05/2019 18:59 EDT

Des chercheurs inventent un procédé pour éviter la réfrigération des vaccins

Cela pourrait résoudre un problème majeur dans la lutte contre les maladies à travers le monde.

Westend61 via Getty Images

Des chercheurs ontariens affirment avoir mis au point un moyen simple d’entreposer des vaccins à des températures plus élevées pendant des semaines, ce qui pourrait résoudre un problème majeur dans la lutte contre les maladies à travers le monde.

La technologie peu coûteuse mise au point par une équipe de l’Université McMaster, en Ontario, implique l’utilisation d’un gel à base de sucre permettant de faciliter l’expédition de vaccins qui doivent habituellement être maintenus au frais de façon constante.

«Si nous pouvons rendre les vaccins plus faciles et plus accessibles grâce à la technologie, nous pourrons sauver de nombreuses vies», a déclaré Vincent Leung, professeur de génie chimique et auteur principal de l’étude publiée mardi dans la revue «Scientific Reports».

La plupart des vaccins doivent être conservés en respectant la «chaîne du froid», une chaîne d’approvisionnement réfrigérée où ils sont stockés en tout temps à des températures comprises entre 2 et 8 degrés Celsius. Autrement, l’efficacité des vaccins peut être compromise, note l’étude.

M. Leung a travaillé pendant quatre ans sur ce projet dans le cadre de son doctorat et a bénéficié de la collaboration de chercheurs d’autres disciplines, notamment des biochimistes et des immunologistes, a-t-il expliqué.

La solution imaginée par les chercheurs est simple.

Les ingénieurs chimistes de McMaster avaient précédemment créé un gel sucré à utiliser dans diverses applications, notamment un enrobage comestible pouvant prolonger la durée de conservation des fruits et des légumes.

Comme les bandelettes pour l’haleine

L’équipe de recherche a mélangé deux sucres — le pullulane et le tréhalose — avec les vaccins et les a laissés sécher, à l’air ou sous vide. Les gels ont pour effet de «sceller» les vaccins, qui peuvent ensuite être conservés à la température ambiante puis reconstitués avec de l’eau avant d’être administrés aux patients.

«Pensons aux bandelettes pour l’haleine de Listerine», a illustré M. Leung. «Cela forme un film semblable, qui sera mis dans une fiole en vue de son déploiement.»

«Cela peut vraiment améliorer la mise en ouvre et faciliter l’accès à ceux qui ne disposent pas de la réfrigération ou de l’électricité», a souligné le chercheur.

Le fait que les professionnels de la santé sur le terrain puissent facilement reconstituer le vaccin pourrait rendre la méthode de stockage et de transport inestimable dans certaines situations, notamment dans les campagnes de vaccination contre l’Ebola dans les régions éloignées de l’Afrique.

«Une partie de notre objectif était de disposer d’une solution très simple et rentable pour résoudre ce problème d’accessibilité des vaccins», a expliqué M. Leung.

L’équipe de recherche tente actuellement de conclure des partenariats et de trouver d’autres fonds pour poursuivre le développement de sa technologie. Le procédé est actuellement soumis à l’évaluation d’organismes réglementaires comme Santé Canada et la Food and Drug Administration des États-Unis.

«La bonne nouvelle, c’est que les sucres que nous utilisons sont déjà présents dans l’industrie des produits alimentaires et des médicaments et sont approuvés par la FDA et Santé Canada», a affirmé M. Leung. «De ce point de vue, il ne devrait pas être difficile de faire approuver (le nouveau procédé).»