POLITIQUE
02/03/2020 15:33 EST | Actualisé 02/03/2020 18:26 EST

Chefferie du PLQ: Alexandre Cusson investirait des milliards pour le transport collectif entre les régions

C’est le legs qu’il aimerait laisser au Québec. Sans pouvoir le chiffrer précisément pour l'instant.

Jacques Boissinot/PC
Alexandre Cusson lors du lancement de sa campagne, le 26 janvier dernier.

S’il devient chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et premier ministre en 2022, Alexandre Cusson mettra en place un transport collectif interrégional qui coûterait «assurément des milliards».

«C’est probablement notre prochaine Baie James», a-t-il déclaré, faisant ainsi référence au vaste chantier de barrages hydroélectriques qui a marqué l’histoire et l’imaginaire du Québec dans les années 1970. Le projet vise vraisemblablement à séduire les régions, puisque le parti a été rayé de la carte hors de Montréal et de l’Outaouais aux élections de 2018.

En conférence de presse au siège du PLQ lundi à Québec, M. Cusson a laissé entendre que c’est le legs qu’il aimerait laisser au Québec, mais il a eu de mal à étoffer son projet et surtout à le chiffrer. Il a par ailleurs été questionné sur son arrivée à la conférence de presse dans un luxueux véhicule utilitaire sport (VUS).

Sous l’insistance des journalistes, il a finalement risqué une estimation pour son projet de grand réseau panquébécois de transport: «assurément des milliards (de dollars)», a-t-il lancé, en évoquant la possibilité d’un partenariat public-privé (PPP). Il a même suggéré que cela pourrait être rentable.

«Il faut que les projets de transport collectif sortent des grands centres, qu’on puisse relier avec un réseau de transport ambitieux l’ensemble des régions du Québec, a dit M. Cusson. Un service pertinent, efficace, qui offre des passages fréquents et qui est accessible pour la population est un service qu’on peut rendre rentable.» 

Le modèle serait adapté selon les régions. Il pourrait par exemple comporter des autobus électriques, recourir au chemin de fer ou à l’auto-partage.

Il soutient que le Québec s’endette chaque jour de toute façon s’il ne diminue pas ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Il a aussi fait valoir que des milliards sont déjà investis année après année dans le Programme québécois des infrastructures (PQI).

M. Cusson a été aperçu à son arrivée à la permanence du parti à bord d’un BMW X5, un VUS de luxe. Les représentants des médias lui ont demandé si c’est vraiment une bonne façon de prêcher par l’exemple ou de convaincre les citoyens d’adopter le transport en commun?

Il a indiqué que c’était le véhicule d’un membre de son équipe et que donc il covoiturait. «C’est une question d’organisation de transport aujourd’hui, pour la prochaine destination», a justifié l’aspirant chef. Son propre véhicule de campagne était un VUS hybride, un Toyota Highlander, a-t-il précisé.

M. Cusson était au quartier général du PLQ pour déposer officiellement son bulletin de candidature. Il est le seul autre candidat en lice avec l’ancienne vice-première ministre Dominique Anglade.

Les deux candidats arpentent le Québec et font une surenchère de mesures visant les régions dans leur programme, pour que le parti reprennent pied hors de la métropole et de l’Ouest du Québec, après sa défaite historique de 2018. Dimanche, Mme Anglade proposait une charte des régions, ainsi qu’une péréquation fiscale pour les régions et des incitatifs pour les citoyens qui décident de s’installer hors des grands centres.

Le prochain chef du PLQ sera élu le 31 mai.