POLITIQUE
21/10/2020 19:39 EDT

Censure: la CAQ refuse la tenue d'une commission dans les universités

Le Parti québécois (PQ) avait proposé cette commission transpartisane dans la foulée du scandale qui frappe actuellement l’Université d’Ottawa.

THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld
Le Parti québécois (PQ) a proposé cette commission transpartisane dans la foulée du scandale qui frappe actuellement l’Université d’Ottawa. (photo d'archive)

QUÉBEC — Le gouvernement caquiste a refusé, mercredi, la tenue d’une commission pour se pencher sur la censure dans les universités au Québec.

Le Parti québécois (PQ) a proposé cette commission transpartisane dans la foulée du scandale qui frappe actuellement l’Université d’Ottawa.

Rappelons qu’un rapport d’un groupe de travail présidé par le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, concluait tout récemment que la censure perturbe «la fonction capitale d’espace de libre débat» des universités.

En conférence de presse mercredi matin, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a rappelé que des conférences avaient été annulées dans des universités en raison de l’intimidation exercée par des militants.

À la période de questions, le député péquiste Sylvain Roy a réclamé la mise sur pied d’une instance spéciale transpartisane pour pouvoir en discuter.

«Jamais le Parti québécois ne tolérera la censure, et pour nous, la meilleure façon de procéder, c’est de consulter les experts qui ont étudié cette question et non les recteurs.»

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann a dit qu’il «faut être sensible à ce qui est vécu par les étudiants aussi». Elle a indiqué qu’une consultation aura déjà lieu concernant le rapport du groupe de travail en novembre.

«Il y a effectivement des choses qui sont faites dans les universités actuellement. D’ailleurs, on va en faire un recensement des mécanismes existants, mais évidemment on va analyser toutes sortes d’alternatives.»

Rappel des faits: la professeure Verushka Lieutenant-Duval, de la faculté des arts de l’Université d’Ottawa, a utilisé le mot «nègre» dans un cours pour expliquer comment certaines communautés s’étaient réappropriées des termes au fil du temps et elle a été suspendue, à la suite de plaintes d’étudiants, puis réintégrée. Tous les partis à l’Assemblée nationale ont pris la défense de la professeure.

Urgence linguistique

Par ailleurs, le Parti québécois (PQ) a présenté une motion mercredi invitant le gouvernement Legault à reconnaître «l’urgence linguistique», particulièrement à Montréal.

Il l’exhorte à retirer l’agrandissement du Collège Dawson, le plus important cégep anglophone du Québec, de sa liste de projets d’infrastructure qu’il veut accélérer par son projet de loi 66.

Selon M. St-Pierre Plamondon, le gouvernement caquiste, qui se dit nationaliste, devrait plutôt prioriser les projets d’agrandissement des cégeps francophones.

«Les cégeps francophones ont eux aussi des besoins urgents», a-t-il déclaré en point de presse.

Le gouvernement Legault est en train «d’accélérer l’anglicisation», estime le PQ, qui travaillera dans les prochaines semaines à faire modifier le projet de loi 66. «Il n’est pas question de concessions», a insisté M. St-Pierre Plamondon.