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04/07/2019 16:15 EDT

Près de la moitié des cégeps à proximité d'une boutique de vapoteuses

Et cette proximité est même sous-estimée, prévient l’Institut national de santé publique du Québec.

MONTRÉAL — Alors que le vapotage chez les jeunes devient de plus en plus populaire et inquiète les autorités de santé publique, il a été recensé que près de la moitié des cégeps au Québec se trouvent dans un rayon de 1000 mètres d’au moins un commerce spécialisé en produits de vapotage.

Quant aux écoles secondaires, environ 16 pour cent sont situées à moins de 750 mètres d’une telle boutique spécialisée — et parfois de plus d’une.

Cette proximité entre les écoles et les produits de vapotage est même sous-estimée, prévient l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) qui a réalisé cette analyse récemment publiée.

Car elle ne tient pas compte du fait que les cigarettes électroniques et les recharges sont aussi vendues dans les dépanneurs, les tabagies et les stations-service, qui sont nombreux.

L’INSPQ a relevé qu’à l’hiver 2018, 299 commerces vendaient exclusivement des produits de vapotage au Québec. Ils se trouvaient davantage dans les régions de Montréal (46), de la Montérégie (46), des Laurentides (32) et de Québec (32). Les lieux d’enseignement tant collégial que secondaire en milieu urbain ont significativement plus de chances d’avoir une disponibilité plus élevée de points de vente à proximité.

Un lien entre vapotage et accessibilité?

L’Institut a jugé important de faire ce recensement car des études — dont plusieurs américaines — ont suggéré qu’il y avait un lien entre le fait de vapoter et l’accessibilité aux produits. L’Institut estime que ce possible lien devrait être étudié de plus près afin de mesurer son impact réel.

«L’expérimentation de la cigarette électronique est répandue chez les jeunes du secondaire et les jeunes adultes au Québec. Certaines études suggèrent que l’accessibilité géographique aux lieux de vente des produits de vapotage, c’est-à-dire la présence et la localisation de ces commerces près d’endroits fréquentés par les jeunes, serait un facteur associé à l’usage de ces produits, à l’instar de ceux du tabac», est-il écrit dans la récente analyse.

L’INSPQ est d’avis que la mise en place d’un répertoire gouvernemental québécois des points de vente faciliterait l’étude de l’accessibilité géographique des jeunes à ces commerces.

 

Une façon d’y parvenir serait d’exiger la possession de permis ou de licences de vente de produits du tabac et de vapotage par les commerçants au Québec, note-t-il.

De tels permis sont exigés à certains endroits aux États-Unis. En Floride, il est nécessaire pour les boutiques spécialisées dans la vente de produits de vapotage d’avoir un permis, le même que pour vendre des produits du tabac. À d’autres endroits, comme dans la ville de New York, un permis de vente spécifique aux produits de vapotage est requis, fait-il valoir.

Le gouvernement québécois a déjà légiféré pour établir des distances minimales entre les écoles et certains commerces. Ce fut notamment le cas pour le cannabis, alors qu’il a restreint les endroits où pouvaient être installées les boutiques de la Société québécoise du cannabis (SQDC).