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Carter's critiquée pour des vêtements jetés aux poubelles

«C’est inacceptable à tellement de niveaux.»

La chaîne de vêtements pour enfants Carter’s, connue pour sa marque OshKosh B’gosh, fait l’objet d’un feu nourri de critiques alors que des vêtements invendus et détruits ont été trouvé dans les poubelles par une résidente de Toronto.

La Torontoise Natasha McKenna a partagé sur Facebook des photos montrant cinq sacs de poubelles remplis d’articles détruits, trouvés à proximité d’une boutique Carter’s OshKosh.

«Je me suis dit, “qu’est-ce que c’est que ça? Ce ne sont pas des ordures”», a raconté Mme McKenna au HuffPost Canada.

«J’ai déjà travaillé dans le commerce de détail et j’ai beaucoup de sympathie pour les gens qui gagnent de maigres salaires et qui doivent détruire de beaux vêtements qui auraient pu habiller des gens de leur quartier», a-t-elle déclaré.

Dans sa publication Facebook, Mme McKenna écrivait que les vêtements «n’avaient pas simplement été jetés, mais avaient été détruits pour qu’ils ne puissent plus être utilisés». Elle décrivait «des souliers éventrés, des cadres fracassés, des barboteuses découpées et des vêtements de neige et gants déchirés».

La Torontoise affirme que lorsque sa publication est devenue virale, elle a été contactée par une personne disant travailler chez Carter’s qui soutenait que le personnel «a pour instruction de détruire les articles qui sont retournés au magasin endommagés ou sont endommagés sur le plancher».

Un porte-parole de Carter’s a affirmé au HuffPost Canada que les vêtements en question «étaient malheureusement inutilisables et ne pouvaient pas être donnés».

La politique de la compagnie est «de faire don des invendus à des organismes de charité locaux et nationaux. C’est un partenariat dont nous sommes fiers. Nous avons donné des dizaines de millions de dollars en produits invendus au cours des cinq dernières années», a ajouté le porte-parole.

La compagnie semble prendre les critiques au sérieux. L’organisme de charité Brands for Canada - qui redistribue des vêtements neufs invendus donnés par des commerces de détail - affirme avoir été en contact avec des représentants de Carter’s. La compagnie aurait accepté de collaborer avec lui pour distribuer ses invendus.

«Lorsqu’un consommateur découvre que la compagnie où il magasine jette des vêtements flambant neufs, il n’est pas content. C’est inacceptable à tellement de niveaux», a affirmé la directrice exécutive de Brands for Canada, Helen Harakas.

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Sur son site web américain, Carter’s soutient avoir un programme «pour s’assurer qu’aucun produit qui puisse être utilisé par un enfant ne soit jeté... Les surplus d’inventaires sont redistribués au pays et à l’étranger grâce à notre partenaire K.I.D.S. Fashion Delivers».

K.I.D.S./Fashion Delivers, qui a été renommé Delivering Good en 2017, est un organisme de charité qui récupère des articles invendus pour les redistribuer dans des pays en voie de développement.

Un problème grandissant

L’incident est le plus récent à nourrir un débat public sur le gaspillage généré par l’industrie du commerce de détail. De nombreuses entreprises ont été sous les projecteurs au cours des dernières années, alors que des groupes de consommateurs veulent sensibiliser le public au gaspillage alimentaire et textile.

L’an dernier, la France a adopté une loi interdisant la destruction des invendus non-alimentaires. Une «première mondiale», s’est vantée la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.

La Ville de Montréal prévoit elle aussi interdire d’ici 2025 la destruction des invendus et des refus de production de l’industrie et des commerces du textile.

La directrice exécutive de Brands for Canada croit que ce genre de législation deviendra éventuellement monnaie courante.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l’anglais.