NOUVELLES
15/05/2019 14:33 EDT | Actualisé 15/05/2019 18:11 EDT

La canicule aurait fait 66 morts à Montréal l'été dernier

Du 30 juin au 5 juillet, la température maximale quotidienne avait alors atteint de 31,9 °C à 35,5 °C.

Xurzon via Getty Images

Les responsables de la santé publique à Montréal viennent d’ajouter 13 morts au bilan des victimes de la canicule de l’été dernier et pressent la Ville à en faire davantage pour réduire les îlots de chaleur dans les quartiers densément peuplés, où habitent les citoyens les plus vulnérables.

Au moins 66 personnes sont donc mortes des suites de la chaleur extrême sur l’île de Montréal entre le 30 juin et le 8 juillet 2018, a révélé mercredi Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal. L’an dernier, les responsables avaient chiffré ce bilan à 53 morts.

Mme Drouin et des chercheurs ont par ailleurs découvert que 72 pour cent de ces victimes souffraient d’une maladie chronique, 66 pour cent étaient des personnes âgées et 18 pour cent étaient dépendantes à l’alcool ou aux drogues.

Une statistique ressort toutefois de ces données: 25 pour cent des victimes de la canicule souffraient de schizophrénie, une forme grave de psychose. Selon Mme Drouin, le système de santé devrait donc mieux prendre en charge ces personnes - même si leur collaboration n’est pas toujours facile.

La direction régionale de santé publique recommande d’ailleurs à la Ville de Montréal d’en faire plus pour identifier les personnes vulnérables. Mme Drouin précise que son bureau met actuellement en place un registre des personnes qui auraient le plus besoin d’attention lors des vagues de chaleur extrême.

Les responsables de la santé publique suggèrent également que certains arrondissements plantent immédiatement plus d’arbres et aménagent d’autres espaces verts afin de lutter contre les îlots de chaleur. L’étude a révélé que les personnes vivant dans des îlots de chaleur étaient deux fois plus à risque de mourir de chaleur extrême que les autres résidants. Les quartiers où l’on compte le plus d’îlots de chaleur accueillent également un pourcentage plus élevé de personnes vivant dans la pauvreté.

 

 

La conseillère municipale Laurence Lavigne-Lalonde a déclaré aux journalistes que la Ville prévoyait d’augmenter le nombre d’espaces verts urbains temporaires pour tenter de “refroidir” des îlots de chaleur. On pourrait par exemple installer aux coins des rues des jardins urbains temporaires, équipés d’abris ombragés, a-t-elle suggéré. Ces espaces encourageraient par ailleurs les citoyens à interagir davantage à l’extérieur, ce qui aurait aussi un impact social. “Dans les situations d’urgence, il est important de savoir qui sont vos voisins”, a estimé la conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe.

La canicule de l’été dernier a officiellement duré du 30 juin au 5 juillet, alors qu’on a enregistré, le jour, des températures oscillant entre 31,9 et 35,5 ?C. La direction régionale de la santé publique a prolongé de trois jours sa période d’analyse, parce que les effets de la canicule sur la santé avaient été ressentis au-delà du 5 juillet.

Pour dresser leur bilan, les chercheurs ont analysé l’ensemble des 328 décès signalés au coroner sur l’île de Montréal entre le 30 juin et le 8 juillet 2018. Ils ont recueilli des informations à partir des dossiers médicaux du défunt ainsi que des circonstances de son décès, telles que le lieu, la température ambiante et la présence de climatisation.

À VOIR AUSSI: