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07/03/2020 17:16 EST

Cancer du côlon: la plupart des Québécois à risque omettent le test de dépistage

Ce type de cancer est le deuxième plus meurtrier au Québec, après celui du poumon.

Chinnapong via Getty Images

MONTRÉAL — À défaut d’un programme de dépistage systématique du cancer du côlon, la Société canadienne du cancer encourage les Québécois âgés de 50 à 74 ans à faire eux-mêmes les démarches pour aller au-devant de ce tueur souvent silencieux.

En ce mois de sensibilisation au cancer colorectal — le deuxième plus meurtrier au Québec, après celui du poumon —, la Société canadienne du cancer rappelle qu’un test à faire dans le confort de sa propre salle de bain est facilement disponible avec l’ordonnance d’un médecin.

Le test consiste à prélever un échantillon de ses selles pour qu’il soit ensuite analysé en laboratoire afin de détecter la moindre présence de sang. Ces traces de sang parfois invisibles à l’oeil nu peuvent être un signe de cancer avant même l’apparition de symptômes.

Si le résultat du test s’avère anormal, une coloscopie est ensuite indiquée pour poser un diagnostic. La coloscopie permet également de retirer d’éventuels polypes, ces petites masses de chair sur les parois du gros intestin qui peuvent se transformer en cancer. 

Sur 1000 personnes qui réalisent le test, la présence de sang sera décelée chez 36 d’entre elles, selon les chiffres du gouvernement du Québec. De ce nombre, seulement 4 seront effectivement atteintes d’un cancer colorectal, tandis que 17 auront des polypes à se faire retirer. Les 15 autres n’auront ni polypes ni cancer.

Le jeu en vaut la chandelle, martèle la Société canadienne du cancer.

«Quand on dépiste un cancer colorectal à un stade précoce, la survie (après cinq ans) est à 90 %, alors que si on le dépiste à un stade beaucoup plus avancé où il y a des métastases, on parle d’à peu près 15 %», précise son porte-parole, André Beaulieu.

Sans compter que le retrait de polypes peut carrément prévenir un cancer.

Pourtant, seulement 4 Québécois sur 10 dans la tranche d’âge cible se procurent le test.

«C’est largement insuffisant si on veut voir un impact au niveau de la santé publique», déplore M. Beaulieu.

Au Québec, le cancer le colorectal tue plus que les cancers du sein et de la prostate réunis. À l’échelle du Canada, on estime qu’un cas sur deux est diagnostiqué une fois qu’il s’est propagé à d’autres parties du corps.

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