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11/08/2019 10:06 EDT

Le Canadien détenu en Syrie depuis 8 mois est de retour

Kristian Baxter a atterri à Vancouver, samedi, après avoir retrouvé sa liberté plus tôt cette semaine, notamment grâce à la médiation du Liban.

Darryl Dyck / La Presse Canadienne via AP
Kristian Lee Baxter, libéré cette semaine après avoir été détenu en Syrie, pose pour une photo à Vancouver après son retour au Canada le samedi 10 août 2019.

Le touriste canadien détenu huit mois en Syrie dit avoir pleuré à trois reprises à bord de l’avion qui l’a ramené en Colombie-Britannique, tant il était ému d’enfin rentrer au bercail.

Kristian Baxter a atterri à Vancouver, samedi, après avoir retrouvé sa liberté plus tôt cette semaine, notamment grâce à la médiation du Liban.

L’homme âgé de 45 ans était détenu dans des prisons syriennes depuis décembre dernier, alors qu’il visitait ce pays ravagé par la guerre en tant que touriste.

«Je suis emballé d’être un citoyen canadien et je suis tellement content de voir du gazon vert et des arbres et des fleurs et l’énorme drapeau canadien là-bas», a-t-il affirmé au cours d’une brève entrevue chargée d’émotions, samedi.

M. Baxter semblait toujours pâle, mais avait bon moral en prenant la route vers sa résidence, à Nanaimo, après trois jours sans sommeil.

Un bras autour de sa mère et une main posée sur l’épaule de son beau-père, il s’est dit «très reconnaissant» envers tous les représentants du gouvernement, diplomates, négociateurs et avocats qui l’ont aidé à revenir au Canada.

Sa libération marque la deuxième fois que le Liban vient en aide à un ressortissant étranger détenu en Syrie.

Sur son site internet, Affaires mondiales Canada met en garde contre «tout voyage» en Syrie depuis 2011 en raison du conflit qui y sévit. Le Canada n’y a pas d’ambassade.

Selon le directeur général de la Sûreté générale du Liban, Abbas Ibrahim, les autorités syriennes affirment avoir arrêté M. Baxter pour avoir enfreint les lois locales, possiblement en matière de sécurité.

Ses proches ignorent si des accusations ont été portées contre lui en Syrie, mais ils croient qu’il aurait enfreint des règlements relatifs aux voyageurs, rapporte l’avocat John Weston.

M. Baxter a refusé de fournir des détails sur son arrestation ou ses conditions de détention, mais il a indiqué qu’il avait rarement quiconque à qui parler et qu’il écrivait quotidiennement un journal sur les murs de sa cellule pour se garder l’esprit occupé.

Il ignorait si qui que ce soit savait où il se trouvait.

Lorsqu’un général lui a annoncé qu’il serait transporté au Liban pour retrouver sa liberté, Kristian Baxter raconte s’être d’abord montré méfiant. Il craignait qu’on le relâche plutôt en Syrie, où il aurait pu être victime d’un enlèvement. Il n’avait pas d’argent, ne parlait pas la langue et ne connaissait personne en sol syrien.

Il a réalisé qu’il ne s’agissait pas d’une ruse lorsque l’ambassadrice canadienne au Liban, Emmanuelle Lamoureux, s’est présentée à lui.

«J’ai dit: “Mon nom est Kristian.” Et elle a répondu: “Je sais qui vous êtes.” Puis, j’ai fondu en larmes et je l’ai serrée dans mes bras, je ne pouvais pas arrêter de pleurer», se souvient-il.

Maintenant de retour au pays, il a surtout hâte de manger un steak, de surfer à Tofino et de profiter de toutes les activités de plein air offertes en Colombie-Britannique.

«Je suis impatient de reprendre ma vie à nouveau.»

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