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Le Canada s'impatiente en attendant les boîtes noires de l'avion abattu par l'Iran

«C’est extrêmement préoccupant», a insisté Justin Trudeau, se disant obligé dans ces circonstances de «continuer de mettre de la pression» sur l’Iran.
Le premier ministre Justin Trudeau répond à une question à la Chambre des communes le lundi 3 février 2020, à Ottawa.
Le premier ministre Justin Trudeau répond à une question à la Chambre des communes le lundi 3 février 2020, à Ottawa.

OTTAWA — Le premier ministre canadien estime que l’Iran n’a pas l’expertise nécessaire pour étudier les boîtes noires de l’avion abattu par erreur le mois dernier.

Le Canada s’impatiente donc alors que l’Iran n’a toujours pas remis ces boîtes noires.

«Le fait que l’Iran continue à essayer de le faire eux-mêmes quand ils n’en ont pas la capacité technique est préoccupant», a déclaré Justin Trudeau à son arrivée aux Communes, lundi après-midi.

«C’est extrêmement préoccupant», a-t-il insisté, se disant obligé dans ces circonstances de «continuer de mettre de la pression» sur l’Iran.

Le 8 janvier, les autorités iraniennes ont tiré au moins un missile sol-air alors que l’appareil de l’Ukraine International Airlines survolait Téhéran, tuant les 176 personnes à bord. Parmi les victimes, on compte 57 citoyens canadiens et 29 résidents permanents du Canada.

Depuis, la communauté internationale réclame à l’Iran une enquête, et ces boîtes noires pour mener cette enquête.

Lundi, le Groupe international de coordination et d’intervention pour les victimes du vol PS752 s’apprêtait à exiger, une fois de plus, que l’Iran respecte les règles de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), règles qui prévoient que les boîtes noires, après un accident, soient analysées «sans délai».

Ce groupe réunit le Canada, l’Ukraine, la Suède, l’Afghanistan et le Royaume-Uni, pays qui comptent des ressortissants parmi les victimes.

«Les familles nous demandent d’avoir la vérité. Le gouvernement du Canada demande de savoir évidemment le contenu des boîtes noires. Les pays qui font partie du Groupe international de coordination demandent la même chose.»

- François-Philippe Champagne, ministre canadien des Affaires étrangères

Le ministre canadien des Affaires étrangères qui a participé à une rencontre téléphonique avec les membres de ce groupe, lundi matin, était prêt à monter le ton.

«Les familles nous demandent d’avoir la vérité. Le gouvernement du Canada demande de savoir évidemment le contenu des boîtes noires. Les pays qui font partie du Groupe international de coordination demandent la même chose», a souligné François-Philippe Champagne.

«On doit constater maintenant que (...) dans l’intérêt de la transparence et de la vérité, ces boîtes-là doivent être envoyées à Paris le plus rapidement possible», a ajouté le ministre qui s’apprêtait à appeler son homologue iranien.

Le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, a eu une conversation avec son homologue en Iran, lundi, et l’a encouragé à demander de l’aide technique.

«Il m’a répondu de façon, je dirais, encourageante», a-t-il rapporté. «La question, c’est qu’il ne m’a pas donné de date», s’est-il cependant désolé.

Son collègue Champagne, tout comme le premier ministre Trudeau, semblent avoir épuisé leurs réserves de patience dans ce dossier.

«Je ne juge pas l’Iran par leurs mots, je juge l’Iran par leurs actions. Et force est de constater aujourd’hui que les boîtes noires n’ont pas été analysées», a protesté le ministre Champagne.

«Ça prend une enquête indépendante, robuste, rigoureuse», a réclamé une fois de plus le premier ministre.

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