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07/12/2020 07:39 EST | Actualisé 07/12/2020 20:02 EST

Démantèlement du campement sur Notre-Dame

Plusieurs personnes étaient sur place pour manifester à la suite de la décision de démanteler le campement.

MONTRÉAL — Le camp de personnes sans abri installé dans un parc le long de la rue Notre-Dame, dans l’est de Montréal, a été démantelé pendant toute la journée de lundi, avec l’objectif que tous les campeurs passent la nuit au chaud, a indiqué la mairesse Valérie Plante.

Des dizaines d’agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se sont présentés sur les lieux peu avant l’aube. Des voitures de patrouille étaient garées le long du parc qui est la propriété du ministère des Transports du Québec. Plusieurs policiers à vélo de même que des membres de la cavalerie du SPVM étaient présents.

L’agente Caroline Chèvrefils, du SPVM, a précisé que le démantèlement du camp de fortune était effectué par des membres du Service de sécurité incendie de Montréal (SSIM). Elle a expliqué que la présence policière était une assistance portée au service des incendies.

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Le démantèlement du campement sur Notre-Dame commence

C’est le service des incendies qui a ordonné dimanche après-midi l’évacuation immédiate du campement, au lendemain d’un incendie qui s’est déclaré à l’intérieur d’une des tentes. Selon la Ville de Montréal, l’incendie de samedi a failli enflammer une bonbonne de propane, ce qui aurait provoqué une explosion mettant en danger les occupants du campement et les résidants du secteur.

Les autorités ont aussi pris cette décision parce que plusieurs autres incendies sont survenus sur le campement dans le passé. Le camp, situé dans l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve, est en place depuis l’été.

En fin d’après-midi, les équipes de la Ville continuaient de placer dans des cubes d’entreposage les tentes et autres objets personnels des campeurs, mais les quelque 60 personnes qui se trouvaient toujours sur place en matinée étaient parties.

Des policiers en tenue antiémeute ont été vus sur les lieux, un déploiement jugé excessif par la Ligue des droits et libertés.

Une porte-parole de l’organisation, Ève-Marie Lacasse, a déclaré que les agents avaient établi un grand périmètre de sécurité et empêché des intervenants sociaux de se rendre jusqu’aux campeurs. “Les campeurs (avaient) 15 minutes, sous escorte policière, pour choisir leurs effets personnels et quitter les lieux. Ceci n’est pas un démantèlement acceptable”, a estimé Mme Lacasse dans un communiqué.

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Manque de logements abordables

La mairesse Valérie Plante s’est dite consciente du manque de logements abordables, aggravé par la crise de la COVID-19, au moment où de nombreux refuges fonctionnent à capacité réduite.

La Ville de Montréal a doublé le nombre de lits disponibles dans les refuges, notamment avec 380 lits dans un nouveau refuge temporaire créé à l’Hôtel Place Dupuis, près de la station de métro Berri-UQAM.

Mme Plante a indiqué qu’au cours des dernières semaines, les autorités avaient encouragé les gens à quitter volontairement le camp, en leur offrant de l’aide pour trouver un logement. Les inspecteurs en matière d’incendies ont également fait de la sensibilisation auprès des campeurs.

Mais certaines personnes ne veulent pas aller dans un refuge ni même être à l’intérieur, a reconnu la mairesse.

“Nous notre volonté à la Ville, c’est de s’assurer que tout le monde ait un toit au-dessus de sa tête. C’est sûr qu’il y a des gens qui vont dire: moi j’étais mieux dans ma tente que dans une chambre double (à l’Hôtel Place Dupuis). Je comprends. Mais le fait est que, on ne peut pas laisser des gens dormir dehors cet hiver.”

Valérie Plante a également demandé à Québec et à Ottawa de renforcer leur financement du logement social.

“Le logement en soi est une responsabilité québécoise et fédérale, a déclaré M. Plante aux journalistes. À un moment donné, il y a une limite à ce qu’une Ville peut faire. Je n’ai pas l’argent, je n’ai pas le pouvoir de construire. Cela vient d’un effort d’équipe.”

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui s’est opposé aux évictions, a souligné qu’il y avait des campements depuis des années à Montréal et que tant que les autorités ne s’attaqueront pas à la crise du logement, le problème persistera.

Le FRAPRU a rappelé que le 6 octobre, Québec et Ottawa ont annoncé une entente de 3,7 milliards $ sur 10 ans pour améliorer le logement social et abordable. Mais la porte-parole de l’organisme, Véronique Laflamme, accuse le gouvernement de la Coalition avenir Québec de ne pas faire ce qu’il faut pour réaliser sa promesse électorale de livrer l’intégralité des 15 000 logements sociaux annoncés par les gouvernements précédents. Elle signale que depuis deux ans, seulement 2500 unités ont été construites ou sont en voie de l’être.