NOUVELLES
28/12/2019 13:20 EST | Actualisé 28/12/2019 15:58 EST

Somalie: un camion piégé tue au moins 79 personnes à Mogadiscio

Il s’agit de la pire attaque à Mogadiscio en plus de deux ans, et des témoins ont affirmé que la force de l’explosion leur rappelait l’attentat dévastateur de 2017 qui avait tué des centaines de personnes.

Un camion piégé a explosé, samedi matin, à un poste de contrôle de sécurité dans la capitale de Somalie, tuant au moins 79 personnes, dont de nombreux étudiants, ont indiqué les autorités. Il s’agit de la pire attaque à Mogadiscio en plus de deux ans, et des témoins ont affirmé que la force de l’explosion leur rappelait l’attentat dévastateur de 2017 qui avait tué des centaines de personnes.

En plus des nombreux morts, au moins 125 personnes ont été blessées, a déclaré le directeur du service ambulancier Aamin, Abdiqadir Abdulrahman, à l’Associated Press. Le président Mohamed Abdullahi Mohamed a condamné l’attaque en la qualifiant de «haineuse», mais n’a pas nommé le principal suspect, le groupe extrémiste al-Shabab.

Le capitaine de la police Mohamed Hussein a avancé que l’explosion visait un centre de collecte des impôts aux heures de pointe alors que les Somaliens retournaient au travail après leur week-end. Un grand panache de fumée noire s’élevait au-dessus de la capitale.

La plupart des victimes tuées sont des étudiants universitaires et d’autres niveaux qui retournaient en classe, a confirmé le maire Omar Mohamud Mohamed. Deux frères turcs se trouvent également parmi les victimes, a révélé le ministre somalien des Affaires étrangères.

ABDIRAZAK HUSSEIN FARAH/AFP via Getty Images
Débris d'une voiture détruite lors d'un attentat à la voiture piégée à Mogadiscio, le 28 décembre 2019.

Des corps gisaient sur le sol au milieu des carcasses calcinées des véhicules. Dans un hôpital, des familles et des amis cherchaient des proches parmi les dizaines de cadavres, soulevant délicatement les draps pour identifier les visages. Des centaines de résidents de Mogadiscio ont commencé à donner du sang en réaction aux appels désespérés des équipes de santé.

«Certains de ces morts étaient des policiers, mais la plupart étaient des étudiants», a déclaré Mohamed Abdi Hakim, qui a été témoin de la tragédie. Les Somaliens ont pleuré la mort de tant de jeunes dans ce pays qui tente de se reconstruire après des décennies de conflit. 

L’attentat n’a pas été immédiatement revendiqué, mais al-Shabab, lié à Al-Qaïda, a souvent perpétré des attaques semblables. Le groupe extrémiste a été expulsé de Mogadiscio il y a plusieurs années, mais il continue de cibler des zones très achalandées comme les postes de contrôle et les hôtels de la cité balnéaire.

Al-Shabab est désormais en mesure de fabriquer ses propres explosifs, son «arme de choix», ont déclaré plus tôt cette année des experts des Nations Unies surveillant les sanctions contre la Somalie. Le groupe utilisait auparavant des explosifs militaires volés lors d’attaques contre les forces de maintien de la paix de l’Union africaine.

Al-Shabab a été accusé d’un attentat au camion piégé à Mogadiscio, en octobre 2017, qui a tué plus de 500 personnes. Le groupe n’a toutefois jamais revendiqué la responsabilité de l’explosion qui a provoqué l’indignation populaire généralisée. Certains analystes ont déclaré qu’Al-Shabab n’avait pas osé revendiquer le geste, car sa stratégie consiste à tenter d’influencer l’opinion publique en dénonçant la faiblesse du gouvernement.

Cette nouvelle attaque soulève de nouvelles interrogations quant à la capacité des forces somaliennes de prendre la responsabilité de la sécurité du pays dans les prochains mois en relève aux forces de l’Union africaine.

Al-Shabab, visé par un nombre croissant de frappes aériennes américaines depuis l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump, contrôle des parties du sud et du centre de la Somalie. Il se finance par un système de «taxation» que les experts décrivent comme de l’extorsion aux dépens d’entreprises et de voyageurs qui lui rapporterait des millions de dollars par année.