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Callisthénie : s'entraîner sans équipement et toute en puissance

Un entraînement engageant, sans contrainte et qui ne coûte pas une blinde... Ça vaut le coup d'essayer!

Pas besoin de se précipiter au gym ou de se procurer un tas de poids et d’élastiques pour garder la forme. La callisthénie, un style d’entraînement vieux comme le monde qui fait actuellement fureur, promet de tonifier son corps sainement, sans équipement et sans qu’on se lasse après deux semaines.

Comme un jeu

À l’instar d’un entrainement régulier avec haltères, pendant lequel on cible un muscle à la fois, la callisthénie consiste à renforcer des groupes musculaires entiers en se servant uniquement du poids de son corps.

À mi-chemin entre la gymnastique, le street workout, le parkour et le yoga, elle se pratique généralement au sol, au mur ou à la barre, donc s’adapte à notre environnement.

Si les push-ups et les squats sont cités parmi les exercices callisthéniques de base, les possibilités de mouvement sont quasi illimitées, assure l’entraîneur Mathieu Guevremont, spécialisé en callisthénie depuis 2012.

«Ensemble on s’approprie l’entraînement comme un jeu. On se pose : “hey, es-tu capable de monter un arbre sans tes jambes, de marcher sur tes mains près du sol comme un lézard?“, comme un enfant ou un animal le feraient, puis on se découvre de nouvelles aptitudes. On fait appel à la force plus fonctionnelle du corps. Ça devient un plaisir! »

Libre!

M. Guevremont qui donne généralement des leçons en salle s’est récemment associé au studio d’entraînement virtuel ACTE, magnifique plate-forme québécoise et 100% francophone sur laquelle on retrouve des vidéos d’exercices multidisciplinaires. Ici, comme généralement en callisthénie, on ne vise ni la perfection du corps ni celle de l’esprit, mais une chance de s’évader.

Dans un contexte de confinement, pendant lequel les lieux non essentiels comme les gyms sont fermés, l’entraîneur se réjouit qu’on puisse pratique son sport n’importe où.

«Le plus gros bienfait, c’est la liberté. On n’est dans un endroit à jongler avec des chiffres, des répétitions, des nombres de livres, on jouit d’une grande liberté. Celle de pouvoir s’entraîner où on peut, quand on veut, sans limitation de lieu et d’aller se chercher des défis personnels plus grands», dit-il

Des résultats différents, mais bluffants

En plus de développer l’équilibre, l’endurance, la souplesse, la force, l’agilité, la coordination et le cardio, la définition musculaire est aussi au menu.

Si le corps de Mathieu Guevremont en témoigne, la signification du mot callisthénie prouve à lui seul que la notion d’esthétique est intrinsèquement liée à la pratique. Le terme provient de la contraction de mots grecs anciens signifiant «beau» et «force».

«On atteint la beauté par le travail de la force, explique le spécialiste. On peut cibler des groupes musculaires, mais l’esthétique se fait par lui-même à force de pratiquer.»

Plus loin que le physique

La callisthénie aiderait aussi à muscler la force mentale et le bien-être en raison de son aspect très méditatif.

«On se perd dans le mouvement, dans l’intention, dans l’exploration, dans notre séance de jeu, témoigne M. Guevremont. Par exemple, quand tu fais un équilibre sur les mains, tes yeux sont ouverts, mais on ne voit rien. Tout ce qui est autour s’efface. Tu deviens plus à l’écoute des actions de ton corps, tu internalises le fonctionnement de tes muscles et t’es quasiment en transe.»

Doux pour le porte-feuille

Un avantage non négligeable à l’exercice : ça ne coûte pratiquement rien. Nul besoin de se procurer des poids (introuvables pendant la pandémie) ou de devoir payer un abonnement au gym pour s’entraîner. On se sert de notre environnement et surtout de notre corps.

Les seuls coûts nécessaires sont liés à l’achat d’un tapis de yoga et de cours d’initiation en ligne. Évidemment, lorsqu’on atteint des niveaux supérieurs, on peut ajouter des accessoires.

ACTE propose, par exemple, des abonnements mensuels (50$) ou annuels (400$) qui donnent un accès illimité à des entraînements guidés en français, autant en callisthénie qu’en pilates ou en yoga prénatal.

5 questions à l’entraîneur

Quand on voit les exercices de callisthénie en photos, ça a l’air difficile. C’est fait pour qui? N’importe qui peut s’y mettre?

«Oui, vraiment. C’est qu’on voit souvent les experts sur les réseaux sociaux. On commence par la base. Au début, les gens font l’inverse de ce que je leur dis, puisqu’ils ne savent pas quel muscle forcer au bon moment. Je leur montre à se réapproprier tranquillement leur corps, leur système neuromusculaire, leur anatomie musculaire. Une fois que c’est fait, la progression est vraiment rapide.

Même moi, quand j’ai commencé, je me souviens que je n’étais pas capable de faire 10 push-ups. On grimpe une marche à la fois.»

Faut-il absolument suivre un cours d’initiation?

«Tu as fait déjà fait des push-ups, des squats? Alors tu as déjà fait de la callisthénie. Un accompagnement au début est quand même conseillé pour apprendre à bien faire les mouvements et partir sur des fondations solides.

Il faut prendre le temps qu’il faut pour être maître de l’étape où on est rendu avant de passer à la suivante.»

C’est quoi les mouvements de base de la callisthénie? On commence par quoi généralement?

«Le squat, fait comme il faut, c’est la base. Mais ensuite on travaille la traction scapulaire (qui vise à muscler le dos) pour bien comprendre le rôle de l’omoplate, avant même de se lancer dans les push-ups. On va solidifier les parties plus vulnérables comme la ceinture abdominale, le haut du dos, puis on va intégrer progressivement différentes techniques pour renforcer différents groupes musculaires.»

T’arrive-t-il de prendre des poids?

«Oui, parfois. Juste parce que j’aime ça faire des deadlifts et que je trouve les kettlebells vraiment polyvalents. Je me sers aussi de vestes lestées pour mettre plus de poids sur le corps lors des mouvements.»

La callisthénie semble très technique. J’imagine qu’il faut être très discipliné pour être un bon «callisthénien»?

«Oui, c’est technique, mais je le vois plus comme un jeu. Si tu veux progresser dans le jeu, tu dois user de stratégie et de discipline pour accéder à des victoires. Ce qui est l’fun avec la callisthénie, c’est que c’est impossible d’arriver au bout du jeu. Il y a toujours quelque chose à apprendre ou de quoi se réjouir. C’est très motivant!»

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