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04/07/2019 19:56 EDT | Actualisé 05/07/2019 07:31 EDT

L'avocat de Joshua Boyle accuse sa victime présumée d'avoir menti

Caitlan Coleman avait déclaré avoir consulté ses avocats avant d'accorder des entrevues aux médias ABC et CBC News et au Washington Post.

La Presse Canadienne
Caitlan Coleman

OTTAWA — L’ancienne otage Caitlan Coleman a menti cette semaine lorsqu’elle a déclaré au procès criminel de son mari qu’elle avait reçu l’approbation de ses avocats avant d’accorder des entrevues aux médias, a déclaré jeudi l’avocat de la défense, Lawrence Greenspon.

Le mari de Mme Coleman, Joshua Boyle, fait face à 19 chefs d’accusation, notamment d’agression sexuelle, de voies de fait et de séquestration, pour des crimes qui auraient été commis au retour du couple à Ottawa. Mme Coleman et M. Boyle, qui sont maintenant séparés, avaient été retenus en otages pendant cinq ans par des extrémistes liés aux talibans en Afghanistan, jusqu’à leur libération en octobre 2017.

Alors que Mme Coleman était contre-interrogée, mercredi, M. Greenspon l’avait questionnée sur des entrevues qu’elle avait offertes aux réseaux ABC et CBC News et au “Washington Post” en avril et en mai.

La victime présumée allègue que M. Boyle l’a frappée à plusieurs reprises, lui a donné une fessée, l’a étranglée et l’a mordue - à la fois en captivité et après avoir emménagé à Ottawa.

Me Greenspon a plaidé que les entrevues accordées par Mme Coleman représentaient un mépris flagrant à l’égard de l’ordonnance rendue par le juge Peter Doody le 3 avril dernier, selon laquelle elle ne devait pas discuter de la preuve qu’elle a présentée avec aucun témoin ou témoin potentiel.

Mme Coleman, qui témoignait par visioconférence, a répondu qu’elle avait donné seulement des informations limitées, qui n’incluaient en rien les actes criminels présumés qui sont reprochés à M. Boyle. Elle a ajouté qu’elle avait accepté de parler aux médias seulement après s’être assurée que tout était correct avec sa famille et ses avocats.

Ce dernier commentaire a complètement perturbé le procès, alors que les avocats ont commencé à débattre pour savoir si Mme Coleman a renoncé à son privilège avocat-client en divulguant le contenu de leurs discussions. Si le juge décidait qu’elle a renoncé à ce droit, Me Greenspon pourrait appeler les avocats de Mme Coleman à la barre pour leur demander ce qu’ils lui avaient dit.

La crédibilité de Coleman mise en doute

Mais Me Greenspon ne croit pas que les avocats de Mme Coleman ont réellement donné leur approbation pour les entrevues.

“Je pense qu’aucun avocat compétent ne donnerait ce conseil à Mme Coleman”, a-t-il déclaré jeudi.

La crédibilité de Mme Coleman en tant que témoin est au centre de l’argumentaire de la défense, selon lequel elle insérerait des éléments de preuve dans les récits d’actes sexuels consensuels entre elle et M. Boyle, afin de les rendre non consensuels.

La majeure partie de la journée de jeudi a été consacrée aux débats sur le secret professionnel de l’avocat, mais le juge Doody a réservé sa décision à ce sujet.

Il a déclaré qu’il ne donnerait aucun commentaire ni opinion quant à savoir si Mme Coleman avait enfreint l’ordonnance qu’il avait rendue en avril. Il estime toutefois que la question de savoir quel conseil juridique elle a reçu au sujet des entretiens avec les médias est pertinente pour l’affaire, car cela concerne sa crédibilité.

Le procès doit continuer vendredi avec le témoignage de la mère de la victime présumée, Lyn Coleman. Le contre-interrogatoire de Caitlan Coleman ne reprendra pas avant plus tard ce mois-ci.

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