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02/03/2020 16:13 EST

Le brise-glace Edward Cornwallis doit-il être renommé?

Cornwallis avait notamment offert une récompense à toute personne ayant tué un Mi'kmaq.

Andrew Vaughan/PC
La statue d'Edward Cornwallis, avant son retrait d'un parc à Halifax, le 31 janvier 2018.

Un éminent historien autochtone estime qu’il s’agit d’un moment idéal pour renommer un navire de la garde côtière canadienne qui porte le nom d’un personnage controversé, alors que l’agence fédérale annonçait lundi des dépenses de 12,1 millions $ pour la rénovation du brise-glace Edward Cornwallis.

Daniel Paul, un aîné mi’kmaq auteur de «We Were Not the Savages», a soutenu en entrevue que la remise à neuf du navire devrait inclure un changement de nom, comme cela s’est produit pour une école secondaire de Halifax et une église baptiste afro-néo-écossaise historique qui portaient aussi le nom de Cornwallis.

La statue du gouverneur colonial a été retirée de la ville en guise de geste de réconciliation avec les communautés autochtones. Edward Cornwallis avait notamment offert une récompense à toute personne ayant tué un Mi’kmaq.

Andrew Vaughan/PC
Le retrait de la statue d'Edward Cornwallis à Halifax, le 31 janvier 2018.

Cependant, la ministre fédérale des Pêches, Bernadette Jordan, a affirmé en entrevue que le navire resterait «pour l’instant» identifié au nom de Cornwallis, qui a fondé la ville de Halifax en 1749.

Mme Jordan a indiqué qu’à ce jour, son bureau n’avait pas reçu de demande officielle de changement de nom, mais a ajouté que si les communautés autochtones soumettaient la question, «c’est quelque chose dont on discuterait».

M. Paul, âgé de 81 ans, a déclaré qu’il avait souvent fait connaître son point de vue dans le passé.

L’historien, écrivain et ancien employé du gouvernement fédéral a déclaré que des responsables des gouvernements précédents lui avaient dit que le navire serait mis au rancart, ce qui devait mettre fin au débat sur son nom.

Jaime Battiste, qui est député libéral fédéral de Sydney-Victoria, estime que le point de vue de M. Paul doit être pris au sérieux.

Le premier député mi’kmaq élu du Canada a déclaré dans une entrevue que le changement de nom potentiel présentait «un défi et une occasion».