POLITIQUE
07/10/2019 13:59 EDT

Aucune loi ne sera déposée pour interdire «Bonjour-Hi»

Il s'agit là d'un changement de discours par rapport à vendredi.

Le gouvernement Legault change son fusil d’épaule: il ne cherchera pas à interdire la formule d’accueil “Bonjour-Hi” dans les commerces, mais misera sur la sensibilisation.

Le ministre responsable de la langue françaiseSimon Jolin-Barrette, a précisé sa pensée, lundi, en point de presse à Beloeil. Il a déclaré qu’aucune loi ne sera déposée en ce sens à l’Assemblée nationale.

Plus tôt, le bureau du premier ministre François Legault était intervenu et avait indiqué que le gouvernement n’envisageait plus la mise en place de mesures coercitives pour faire du français la seule langue d’accueil au Québec.

Il s’agit là d’un changement de discours par rapport à vendredi, alors que le ministre Jolin-Barrette laissait la porte toute grande ouverte à une interdiction du “Bonjour-Hi” dans les commerces et les services publics.

Simon Jolin-Barrette préfère maintenant parler “d’incitatifs” pour “accompagner les entreprises”. Il pourrait cependant envoyer une directive aux sociétés d’État pour qu’elles respectent le souhait de l’Assemblée nationale concernant l’accueil en français.

“Une chose est sure, c’est que le gouvernement du Québec va mettre en place des incitatifs, parce que le français, c’est la langue qui est parlée au Québec, a-t-il déclaré lundi. Mais je n’ai pas l’intention de légiférer sur la question unique du Bonjour-Hi.”

Quelles sortes d’incitatifs envisage-t-on? “Il y a plusieurs mesures qui peuvent être mises de l’avant. Vous savez, l’Office québécois de la langue française (OQLF) fait un très bon travail avec l’accompagnement des entreprises” s’est limité à dire le ministre.

Au cours des dernières années, plusieurs motions sur le français langue d’accueil ont été adoptées à l’Assemblée nationale. La plus récente, votée à l’unanimité en juin, invite tous les commerçants et les salariés qui sont en contact avec la clientèle locale et internationale à l’accueillir chaleureusement avec le mot “bonjour”.

“C’est ce que l’Assemblée nationale demande, avait déclaré M. Jolin-Barrette vendredi, en réponse aux questions portant sur une possible interdiction du “Bonjour-Hi”. Il y a un consensus que lorsqu’on se fait accueillir dans un endroit public, c’est le terme “bonjour” qui est utilisé, alors je réponds à la volonté de l’Assemblée nationale.”

“Je vais devoir traduire ça dans des mesures au cours des prochains mois avec la réforme que je vais proposer”, avait-il poursuivi.

Le ministre avait alors cité des données de l’OQLF, selon lesquelles l’accueil en français à Montréal serait passé de 84 pour cent à 75 pour cent entre 2010 et 2017.

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