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12/02/2020 12:17 EST | Actualisé 12/02/2020 20:15 EST

Alstom déposerait une offre pour acquérir la division ferroviaire de Bombardier

Bombardier n’a pas voulu commenter ces informations.

EVA HAMBACH via Getty Images
Photo d'archives.

Des nouvelles “positives” pour le Québec devraient être annoncées jeudi par Bombardier à l’occasion du dévoilement de ses résultats financiers, affirme le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, alors que les rumeurs s’intensifient autour d’une offre d’Alstom visant afin d’acquérir la division ferroviaire de la multinationale québécoise.

En mêlée de presse à l’Assemblée nationale, mercredi, celui-ci a dit avoir “toute l’information” en main, ajoutant qu’il n’était “pas à l’aise d’en parler pour l’instant”, préférant laisser la place à la société.

“Moi je pense que ça va être positif, s’est limité à dire M. Fitzgibbon, lorsqu’interrogé sur le maintien des emplois au Québec. On va laisser Bombardier faire l’annonce, et je vais, peu de temps après, être disponible pour répondre aux questions.”

En début de soirée, le quotidien allemand Handelsblatt, citant des sources confidentielles, a avancé qu’une transaction serait annoncée dès jeudi, au moment de la divulgation des résultats de Bombardier. La chaîne française BFM a également affirmé que le conseil d’administration d’Alstom mettait la touche finale à une offre visant à acquérir Bombardier Transport. Selon l’agence Reuters, une réunion à ce sujet devait plutôt avoir lieu mercredi soir.

Bombardier, qui traîne une lourde dette de plus de 9 milliards $ américains, n’a pas voulu commenter. Le conseil d’administration de la société se réunissait également mercredi.

Ces informations ont néanmoins fait décoller l’action Bombardier à la Bourse de Toronto, où elle a clôturé à 1,57 $, en hausse de 15 cents, ou 10,56 %.

Tout indique que les commentaires de M. Fitzgibbon concernent aussi la Société en commandite Airbus Canada, propriétaire de l’ex-C Series contrôlée par Airbus à hauteur de 50,06 %. En raison d’un nouvel appel de fonds, tout indique que Bombardier se retirera du programme de l’A220 en vendant sa participation de 33,58 %, alors que l’État québécois pourrait voir sa participation de 16,36 % être diluée.

«Nous voulons protéger les emplois et protéger le milliard de dollars américains qui a été investi», a dit M. Fitzgibbon, en rappelant que son gouvernement avait signalé qu’il n’avait pas l’intention d’injecter davantage d’argent dans ce programme.

Plus de 2500 employés travaillent sur l’A220 à Mirabel et le programme fournit du travail à des centaines d’autres personnes chez différents fournisseurs.

Divers scénarios

Bombardier fait l’objet de nombreuses rumeurs depuis qu’elle a lancé un avertissement sur ses résultats le 16 janvier en signalant que tout était sur la table pour accélérer son désendettement.

Selon le Wall Street Journal, l’entreprise aurait discuté avec le géant américain Textron concernant la vente de sa division des jets d’affaires, qui construit les familles d’appareils Global, Learjet et Challenger et qui compte près de 13 000 employés au Québec. Textron construit les Beechcraft et Cessna.

D’après BFM, l’offre d’Alstom pour Bombardier Transport proposerait d’allonger de l’argent comptant à Bombardier, alors que la participation de 30 % détenue par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) serait convertie en actions d’Alstom.

L’offre d’Alstom, à la fois concurrente et partenaire de l’entreprise québécoise, serait inférieure à la première proposition qui valorisait Bombardier Transport à 7 milliards $ américains. Siemens et Hitachi, les deux autres joueurs qui auraient été intéressés à Bombardier Transport, ne seraient plus dans le portrait, selon BFM.

«Nous prévoyons une valeur de 4,9 milliards $ américains pour Bombardier Transport, ou 2,5 milliards $ américains en excluant la participation de la CDPQ, a souligné Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note envoyée mercredi. Nous ne tenons pas compte des obligations liées aux régimes de retraite, qui pourraient être significatives.»

L’analyste a également prévenu qu’un regroupement entre Alstom et Bombardier Transport serait scruté à la loupe par les autorités antitrust, ce qui pourrait retarder la conclusion de la transaction. L’an dernier, les autorités européennes avaient opposé leur veto à l’alliance proposée entre Siemens et Alstom.

Contrairement à la division aéronautique, Bombardier Transport, dont le siège social est situé à Berlin, en Allemagne, est beaucoup moins présente au Québec. Elle compte quelque 1000 employés à l’usine de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent.

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