POLITIQUE
25/09/2019 16:09 EDT

Le Bloc veut qu'Ottawa règle le différend avec la Chine

Yves-François Blanchet a dit croire que les agriculteurs québécois et canadiens «paient les frais d’une stupidité du gouvernement fédéral» dans la guerre commerciale avec la Chine.

THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson
Le chef du Bloc québécois Yves-Francois Blanchet

LONGUEUIL, Qc — Le Bloc québécois réclame d’Ottawa d’utiliser tous les outils diplomatiques à sa disposition pour négocier avec la Chine afin de résoudre le différend commercial qui affecte durement l’industrie agricole.

De passage au siège social de l’Union des producteurs agricoles (UPA), mercredi à Longueuil, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a dit croire que les agriculteurs québécois et canadiens «paient les frais d’une stupidité du gouvernement fédéral» dans la guerre commerciale avec la Chine.

Selon lui, le Canada aurait dû se «mêler de ses affaires» dans le dossier de l’arrestation de la directrice des finances de Huawei, Meng Wanzhou, et ne pas se plier à la demande des États-Unis de procéder à son arrestation en vue d’une extradition, mais puisqu’il a mis «le bras dans l’engrenage», le chef bloquiste dit espérer «que le gouvernement canadien est déjà en discussion avec la Chine sur cet enjeu-là. Je ne peux pas croire que chacun est assis sur sa petite chaise au bout de la table et qu’ils ne se parlent pas.»

Parallèlement, il a réitéré sa demande d’un programme de soutien aux producteurs de porc mis à mal par ce conflit, ajoutant par la suite les producteurs de soya, dont les représentants sont venus lui rappeler qu’ils étaient aussi affectés par la guerre commerciale.

De plus, il a rappelé aux producteurs réunis en Conseil général au siège de l’UPA que le Bloc entendait déposer un projet de loi pour interdire toute future brèche dans la gestion de l’offre à la suite de ce qu’il a qualifié des «trois trahisons consécutives de la part tant des libéraux que des conservateurs», qui ont cédé des parts de marché aux producteurs étrangers dans les trois ententes de libre-échange conclues avec l’Europe, l’Asie-Pacifique et les États-Unis.

Il faut sortir la gestion de l’offre des négociations commerciales pour éviter que ça devienne plus catastrophique encore.Yves-François Blanchet

Yves-François Blanchet a aussi détaillé des propositions visant à favoriser la relève agricole, à soutenir les «rénovations vertes», incluant une subvention pouvant atteindre 15 000 $ pour l’implantation de la géothermie dans le secteur agricole.

Sa proposition d’éliminer les pesticides tueurs d’abeilles, les néonicotinoïdes, en quatre ans avec un programme de 300 millions $ pour assurer la recherche et le soutien aux producteurs agricoles a été plutôt bien accueillie par le syndicat agricole.

«C’est sûr que ça prend de l’accompagnement auprès des producteurs, un transfert de connaissances, des recherches et des méthodes vérifiées et avérées qui sont adéquates pour remplacer les pesticides», a déclaré le président de l’UPA, Marcel Groleau, à l’issue de la rencontre, tout en martelant que le dossier de la guerre commerciale avec la Chine est présentement la priorité de ses membres.

«En 2018, le revenu net agricole a diminué de 63 pour cent au Canada, a expliqué M. Groleau. Les marchés ont été plus difficiles et les programmes de gestion des risques en agriculture qui ont été massivement coupés en 2013 n’ont pas été redressés depuis ce temps-là. Les programmes ne fonctionnent plus par rapport aux enjeux de marché ou de guerre commerciale que l’on vit.»

Enfin, la formation souverainiste fédérale réclame toujours le transfert au Québec de la gestion du programme de travailleurs étrangers temporaires, une demande qu’a également formulée le premier ministre François Legault à Ottawa.

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