POLITIQUE
11/09/2019 16:16 EDT

Les députés du Bloc ne pourront pas contester le droit à l'avortement, dit Blanchet

Yves-François Blanchet a choisi de lancer sa campagne électorale à Québec.

The Canadian Press
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

QUÉBEC – Les députés du Bloc québécois n’auront pas le droit de contester le droit des femmes à l’avortement, sous la gouverne d’Yves-François Blanchet.

Il n’est donc pas question que, de sa propre initiative, un député du Bloc dépose un projet de loi à la Chambre des communes visant à restreindre de quelque façon que ce soit le droit des femmes d’interrompre une grossesse, a soutenu sans ambiguïté, mercredi, le chef bloquiste, lors de son premier point de presse de la campagne électorale.

M. Blanchet a choisi de lancer sa campagne électorale dans la capitale du Québec, en promettant, s’il est élu le 21 octobre, de “porter la voix” de l’Assemblée nationale à Ottawa, en profitant de toutes les occasions pour faire valoir les revendications du Québec.

Le lancement officiel de la campagne du Bloc québécois se fera dimanche, le 15 septembre, à Boucherville.

La sortie du chef bloquiste sur le sujet délicat et controversé de l’avortement lui a permis de se démarquer, aux yeux de l’électorat, du Parti conservateur et du Parti vert.

“Aucun député du Bloc québécois ne serait autorisé à déposer un projet de loi de sa propre initiative qui compromettrait le droit chèrement acquis des femmes à disposer de leur propre corps”, a commenté M. Blanchet en point de presse, dans une salle du Centre des congrès de Québec, à deux pas du parlement.

 

Le chef conservateur, Andrew Scheer, et la chef des verts, Elizabeth May, ont dit tous deux qu’ils ne voulaient pas rouvrir le débat sur l’avortement.

Mais les deux chefs ont soulevé les critiques dernièrement, en affirmant chacun de leur côté qu’ils ne pourraient pas empêcher leurs députés de déposer un projet de loi visant à restreindre le droit à l’avortement.

Quel que soit le parti au pouvoir le 21 octobre, le Bloc québécois va s’affairer à “forcer” le prochain gouvernement fédéral à respecter le Québec, ses valeurs, dont la laïcité de l’État, et ses revendications, a dit M. Blanchet, entouré de quelques candidats de la région de Québec.

Pas une «succursale» du gouvernement Legault

Le Bloc ne sera pas une “succursale” du gouvernement Legault à Ottawa, mais il entend porter la voix “du Parlement” de Québec à la Chambre des communes, a-t-il dit d’entrée de jeu, en disant miser sur “les consensus de l’Assemblée nationale”.

Et que fera-t-il si le parti ami du Bloc, le Parti québécois, prend des positions divergentes du gouvernement Legault sur des questions de relations Québec-Ottawa?

Il y a des “zones de confort plus faciles à établir que d’autres”, a admis M. Blanchet, un ancien ministre péquiste dans le gouvernement de Pauline Marois, mais il n’y a “qu’une seule allégeance et elle est à l’Assemblée nationale du Québec”.

Ceux qui hésiteraient à voter pour le Bloc, après les déboires des dernières années, M. Blanchet affirme que son parti est aujourd’hui “très différent de celui qu’on a connu auparavant”.

Après une longue traversée du désert, le Bloc connaît d’ailleurs un regain de popularité, si on se fie aux derniers sondages, qui lui accordent désormais 21 pour cent des appuis.

Le chef bloquiste n’a pas caché, par ailleurs, qu’il avait l’intention de “travailler inlassablement à promouvoir la souveraineté du Québec”, et il a mis au défi ses adversaires des autres partis de débattre publiquement de cette question avec lui.