POLITIQUE
22/10/2019 01:17 EDT | Actualisé 22/10/2019 03:21 EDT

Élections: le Bloc québécois revient de loin et triple son nombre de députés

Le Bloc va retrouver son statut de parti officiel aux Communes.

Graham Hughes/La Presse canadienne

Le Bloc québécois (BQ) a plus que triplé le nombre de ses députés à l’issue du scrutin, drapant de bleu pâle une bonne partie de la province avec au moins 32 élus.

Celui qui a mené cette résurgence du Bloc durant la campagne 2019, le chef Yves-François Blanchet, a aussi été élu dans sa circonscription de Beloeil-Chambly, ce qui lui permettra de mener ses troupes directement de son siège de la Chambre des communes à Ottawa.

“Nous revenons de loin, mais nous irons encore plus loin”, a déclaré le chef sur la scène du Théâtre National à Montréal, devant plus de 300 militants débordants de joie.

“Mes amis, je nous trouve très vivants”, leur a-t-il lancé, aux côtés de sa conjointe Nancy Déziel, se moquant ainsi de ceux qui avaient qualifié le Bloc de moribond.

Lors de la dissolution du Parlement, le Bloc comptait 10 députés. Ils ont tous conservé leurs circonscriptions.

Avec ses 32 députés élus vers une heure du matin, le Bloc va retrouver son statut de parti officiel aux Communes, ainsi que son budget parlementaire et son temps de parole en Chambre. Seulement 12 députés étaient nécessaires pour bénéficier de ces précieux avantages.

Précisant son mandat, M. Blanchet a déclaré que le parti peut, au mérite, collaborer avec n’importe quel gouvernement - dans ce cas, avec le gouvernement minoritaire libéral - si “c’est bon pour le Québec”. Mais si ce qui est mis de l’avant à Ottawa lui est nuisible, le Bloc “se dressera sur son chemin”, promet-il. Car il n’y aura pas de compromis sur la laïcité de l’État ni sur la langue et les valeurs québécoises, a-t-il soutenu.

Le chef a dit bien saisir toute la portée du mandat qui est confié au Bloc, “mais aussi ses limites”. La souveraineté ne fait pas partie de notre mandat, a-t-il souligné.

Mais au moment qu’il choisira, et à sa manière, “le Québec pourra un jour choisir de se doter de tous les attributs de la souveraineté”.

Dans l’intervalle, si le travail du Bloc n’est pas de faire fonctionner le fédéralisme canadien, il n’est pas non plus de l’en empêcher, a ajouté le chef Blanchet.

“Soyons de bons amis et parlementaires et peut-être en arriveront nous un jour au constat que telle est la voie de l’avenir: partenaires, mais égaux et libres.”

Ceux qui restent

Dans la circonscription de Rivière-du-Nord, le député sortant, le bloquiste Rhéal Fortin, a conservé son siège, défaisant la candidate conservatrice et médaillée olympique Sylvie Fréchette.

En se faisant réélire dans La Pointe-de-l’le, Mario Beaulieu, l’ancien chef du Bloc québécois, a permis de faire une tache bleue sur l’île de Montréal presque toute peinte de rouge.

Le Bloc a coloré de bleu toute la couronne Nord de Montréal et une bonne partie de sa couronne Sud. Il a plus de sièges au Québec que les conservateurs et les néo-démocrates.

Des nouveaux bloquistes

Et il y a bien sûr de nouveaux députés comme Alexis Brunelle-Duceppe, le fils de l’ancien chef du Bloc, Gilles Duceppe, qui l’a emporté dans la circonscription de Lac-Saint-Jean.

Le candidat bloquiste Yves Perron a délogé la populaire députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) Ruth Ellen Brosseau dans Berthier-Maskinongé.

Dans La Prairie, Alain Therrien, un ex-député du Parti québécois, l’a emporté. Lors d’une diffusion en direct sur les écrans au quartier général du Bloc à Montréal, il a fait part de sa joie et de ses objectifs.

“On va leur dire qui on est”, a-t-il lancé. “Je suis là pour les Québécois.”

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Dans la circonscription sous haute surveillance de Longueuil-Saint-Hubert, les candidats vedettes Réjean Hébert, du Parti libéral, et Pierre Nantel, du Parti vert (anciennement du NPD), ont été écartés à la faveur du candidat du Bloc, Denis Trudel.

La bloquiste Marie-Hélène Gaudreau a vaincu son adversaire libéral David Graham dans la vaste circonscription de Laurentides-Labelle, qui comprend Sainte-Agathe-des-Monts, Mont-Tremblant et Mont-Laurier.

Christine Normandin a gagné son siège de Saint-Jean et Claude DeBellefeuille celui de Salaberry-Suroît.

Les quelque 300 militants bloquistes réunis au Théâtre National à Montréal ne cessaient d’applaudir et de crier devant les résultats qui apparaissaient sur les grands écrans.

“Le Québec c’est nous!” et “On veut un pays”, scandaient-ils, en agitant des pancartes de couleur bleue bloquiste.

Avec ses 32 députés, le Bloc n’a pas atteint le niveau de ses années fastes à Ottawa, lorsqu’il comptait une cinquantaine de représentants dans la capitale. Il avait connu sa pire récolte à l’élection de 2011, lorsqu’il n’avait obtenu que quatre sièges et perdu son statut de parti officiel.

Mais sous la gouverne du chef Yves-François Blanchet, en poste depuis seulement janvier, le parti a repris son erre d’aller.

Et sa bonne performance lors des trois débats l’a porté pour la seconde moitié de la campagne.

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Les 10 députés bloquistes sortants qui ont conservé leurs sièges

- Mario Beaulieu (La Pointe-de-l’le)

- Xavier Barsalou-Duval (Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères)

- Michel Boudrias (Terrebonne)

- Rhéal Fortin (Rivière-du-Nord)

- Marilène Gill (Manicouagan)

- Simon Marcil (Mirabel)

- Monique Pauzé (Repentigny)

- Louis Plamondon (Bécancour-Nicolet-Saurel)

- Gabriel Ste-Marie (Joliette)

- Luc Thériault (Montcalm)

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