POLITIQUE
12/08/2020 11:41 EDT | Actualisé 12/08/2020 13:43 EDT

Le Bloc québécois prêt à déposer une motion de non-confiance si Trudeau ne démissionne pas

Yves-François Blanchet a lancé son ultimatum mercredi matin.

Adrian Wyld/La Presse canadienne
Yves-François Blanchet ne croit pas que la pandémie soit un obstacle à la tenue d’élections fédérales.

Le chef bloquiste s’engage à déposer une motion en octobre pour faire tomber le gouvernement minoritaire si, d’ici là, Justin Trudeau et son ministre des Finances n’ont pas démissionné.

Le Bloc québécois réclame le départ de M. Trudeau et de Bill Morneau, entachés, selon les bloquistes, par le scandale autour de l’attribution d’un contrat à l’organisme de charité UNIS. L’organisme, qui a des liens avec les familles Trudeau et Morneau, avait été choisi par le gouvernement libéral pour gérer un programme de bourses qui encourage le bénévolat étudiant en temps de pandémie.

Selon Yves-François Blanchet, le premier ministre et son ministre des Finances “ont clairement établi que leur façon de gérer l’argent des contribuables n’était pas digne de la fonction qu’ils occupent”.

M. Blanchet a lancé son ultimatum mercredi matin tandis que les Communes se préparaient à siéger pour une journée dans la forme hybride adoptée depuis le printemps dernier. M. Blanchet calcule que c’est en octobre qu’il aura, pour la première fois, l’occasion de déposer une motion qui retirerait au gouvernement la confiance de la Chambre.

Pour avoir raison du gouvernement minoritaire, les bloquistes auraient besoin de l’appui des néo-démocrates et des conservateurs. Or, les canaux de communication entre M. Blanchet et le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Jagmeet Singh sont coupés. Les conservateurs, eux, attendent l’élection d’un nouveau chef dans une dizaine de jours.

“Je veux m’assurer qu’ils ont bel et bien la volonté d’aller de l’avant”, a-t-il dit des conservateurs, les invitant à le joindre par téléphone. Pour ce qui est du NPD, il dit avoir “des doutes” sur leurs intentions, rappelle qu’il n’a pas de contacts avec eux et ajoute qu’il trouve leurs analyses politiques “plutôt incompréhensibles”.

Après avoir dit tout ça, M. Blanchet a maintenu qu’il ne veut pas présumer que ces partis n’appuieront pas son éventuelle motion de censure.

EN VIDÉO: la conférence de presse d’Yves-François Blanchet

 

Le chef bloquiste ne croit pas que la pandémie soit un obstacle à la tenue d’élections fédérales. Il estime que le Directeur général des élections peut facilement assurer la sécurité sanitaire à l’urne en imposant des règles de distanciation.

“Parce que si on prend le raisonnement a contrario, ça voudrait dire que tant qu’il y a pandémie, nous vivons en dictature”, a-t-il lancé lors de son point de presse.

Toutefois, il aimerait mieux que le gouvernement libéral, sans M. Trudeau et M. Morneau, reste en place et assure une continuité dans la gestion des affaires du pays en ces temps de pandémie.

“Pour le bien du Québec et du Canada, (...) M. Trudeau et M. Morneau (...) devraient se retirer. Et c’est clairement notre préférence”, a-t-il insisté.

Réaction libérale

Le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne, intercepté mercredi après-midi à l’entrée de l’immeuble parlementaire qui abrite la Chambre des communes, n’a pas semblé troublé par l’ultimatum bloquiste.

“Les menaces ne me préoccupent pas. Je pense que les Canadiens, en ce moment, réfléchissent à la façon de relancer l’économie. Nous sommes en pleine pandémie”, a dit M. Champagne avant d’ajouter que les libéraux seront prêts si on en vient là.

Comités au travail

Alors qu’aux Communes, l’opposition a entamé les travaux en reprochant à Justin Trudeau son absence, des comités parlementaires se penchaient à nouveau sur cette affaire.

Au comité des langues officielles, l’opposition cherchait à imposer une étude des circonstances du contrat accordé à UNIS en utilisant le prétexte que l’organisme n’a pas de présence au Québec et serait unilingue. Les libéraux siégeant au comité ont tenté de bloquer la démarche en arguant que l’organisme mieux connu sous le nom de WE Charity est bel et bien connu au Québec et a tenu en février un rassemblement de jeunes à Montréal.

Le comité des Finances, lui, avait convoqué deux ministres en après-midi pour témoigner sur le contrat donné à WE Charity.

Aux Communes, le ministre Morneau, à sa première prise de parole via visioconférence, a dit vouloir continuer à se concentrer sur les besoins des Canadiens et sur la difficile situation économique provoquée par la pandémie de COVID-19.

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