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07/09/2020 16:35 EDT

Biden/Trump 2020: dernière phase de campagne dans une Amérique à cran

À moins de deux mois du scrutin, le rythme s’intensifie mais la campagne, plombée par la COVID-19 et une économie frappée de plein fouet par la pandémie, reste loin du rythme frénétique traditionnel.

Dans une Amérique à vif, le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden, sa colistière Kamala Harris, et le bras droit de Donald Trump, Mike Pence, font campagne lundi dans des États-clés en ce jour de fête du Travail qui lance traditionnellement la dernière étape, intense, de la présidentielle américaine.

Même s’il reste à la Maison-Blanche, le président républicain a lui annoncé une conférence de presse surprise à 13H00 (17H00 GMT).

«Les chiffres de l’emploi, et le rebond de l’économie, vont SUPER bien. Joyeuse fête du Travail!», a tweeté Donald Trump, qui briguera un second mandat le 3 novembre.

À moins de deux mois du scrutin, le rythme s’intensifie mais la campagne, plombée par la COVID-19 et une économie frappée de plein fouet par la pandémie, reste loin du rythme frénétique traditionnel.

Les candidats, qui d’ordinaire sillonneraient plusieurs États par jour, limitent leurs déplacements et dans le cas de Joe Biden, 77 ans, rencontre très peu d’électeurs.

Et le mouvement historique de protestation contre le racisme et les violences policières, qui dégénère parfois en émeutes, allié aux manifestations pro-Trump, comme celle attendue lundi à Portland, donnent une tonalité explosive à la campagne.

 

Cavaretta/South Florida Sun-Sentinel via ASSOCIATED PRESS
À moins de deux mois du scrutin, le rythme s’intensifie mais la campagne, plombée par la COVID-19 et une économie frappée de plein fouet par la pandémie, reste loin du rythme frénétique traditionnel.

Après des mois de confinement puis de déplacements très limités, l’ancien vice-président de Barack Obama a repris la semaine dernière un rythme plus soutenu, mais encore largement en deçà de celui de son rival, Donald Trump, qui à 74 ans organise des discours en plein air devant des centaines de partisans et répond bien plus souvent aux questions des journalistes.

Cette campagne en sourdine a toutefois profité au démocrate, qui devance le milliardaire républicain dans les sondages nationaux d’entre six et huit points de pourcentage depuis un mois.

Mais l’écart est plus serré, parfois dans la marge d’erreur, dans la demi-douzaine des principaux États-clés, qui font les élections en basculant d’un parti à l’autre tous les quatre ans.

Donald Trump avait créé la surprise en remportant plusieurs d’entre eux d’une très courte avance en 2016.

Et les prochaines semaines seront cruciales si les démocrates veulent les regagner. Le temps presse: l’un de ces États, la Caroline du Nord, a lancé dès vendredi les opérations de vote par correspondance.

Rencontre avec les Blake

En pleine fête du Travail, jour férié, les candidats centrent leurs actes de campagne sur l’économie.

Assis à distance en plein air pour cause de pandémie, Joe Biden a rencontré plusieurs dirigeants syndicaux à la mi-journée dans sa Pennsylvanie natale. Puis il s’entretiendra avec le président de la plus grande fédération américaine de syndicats AFL-CIO, Richard Trumka, et répondra, en ligne, aux questions de ses membres.

Mike Pence, s’est lui rendu dans le Wisconsin, un État du Midwest que le milliardaire républicain avait remporté d’un cheveu en 2016, pour y donner un discours depuis une centrale électrique à La Crosse.

C’est aussi le Wisconsin qu’a choisi la candidate démocrate à la vice-présidence, Kamala Harris, pour sa première visite dans un État-clé depuis sa nomination. Comme Joe Biden la semaine dernière, elle a rencontré dès son arrivée à l’aéroport de Milwaukee, en privé, la famille de Jacob Blake, un homme noir grièvement blessé par balles par un policier.

Après la visite d’un centre de formation du syndicat IBEW, Kamala Harris rencontrera dans l’après-midi des dirigeants d’entreprise noirs dans cette même ville, sur les rives du lac Michigan.

Née de parents immigrés, la sénatrice de Californie, 55 ans, est la première colistière noire et d’origine indienne de l’histoire des États-Unis. La participation des électeurs afro-américains sera déterminante le 3 novembre.

Depuis la mort de George Floyd, asphyxié par un policier blanc fin mai, puis à la faveur de nouvelles affaires comme celle de Jacob Blake, la campagne présidentielle américaine est profondément marquée par les manifestations contre le racisme.

Certaines ont dégénéré en émeutes ces derniers mois et Donald Trump a placé le rétablissement de «la loi et l’ordre» au coeur de son message de campagne, accusant Joe Biden d’être trop laxiste face à la violence.

Le démocrate a dénoncé sans détour les violences et pillages, tout en martelant que le pays devait en finir avec le «racisme sous-jacent» qui ronge les États-Unis.

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