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31/08/2020 20:40 EDT

Biden accuse Trump d'«attiser les braises» des violences aux États-Unis

À neuf semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre, c’est à qui parviendra à rejeter la responsabilité de l’embrasement sur l’autre.

ASSOCIATED PRESS Photo/Carolyn Kaster
À neuf semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre, c’est à qui parviendra à rejeter la responsabilité de l’embrasement sur l’autre.

Joe Biden a dénoncé lundi les débordements violents en marge des manifestations contre le racisme tout en accusant son rival Donald Trump d’attiser «les braises» de l’agitation, lors d’un déplacement dans le bastion ouvrier de Pittsburgh qui marque la reprise de sa campagne de terrain.

À neuf semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre, c’est à qui parviendra à rejeter la responsabilité de l’embrasement sur l’autre.

Aux États-Unis, les images spectaculaires du mouvement historique de colère contre le racisme, qui dégénère parfois en émeutes, tournent en boucle. Tout comme celles d’un adolescent armé, partisan du président, accusé d’avoir tué deux personnes la semaine dernière dans le Wisconsin, ou celles d’un convoi de militants pro-Trump défilant samedi dans le bastion progressiste de Portland, où l’un d’eux a été tué par balle.

Un cocktail explosif dans un pays profondément divisé politiquement, où le droit de porter des armes est inscrit dans la Constitution.

Donald Trump «pense peut-être que déblatérer les mots “loi” et “ordre” le rend fort, mais son échec à appeler ses propres partisans à arrêter d’agir comme une milice armée dans ce pays montre à quel point il est faible», a déclaré Joe Biden à Pittsburgh, dans l’État-clé de la Pennsylvanie.

Le président républicain «attise les braises», a poursuivi l’ancien vice-président de Barack Obama, l’accusant d’être une «présence toxique» à la Maison-Blanche et d’avoir «empoisonné les valeurs» de l’Amérique.

«Il ne peut pas arrêter la violence car pendant des années il l’a fomentée», a-t-il asséné.

«De l’anarchie»

Après le brusque arrêt en mars de sa campagne de terrain à cause du coronavirus, Joe Biden passe, avec ce premier voyage en avion, à la vitesse supérieure, en reprenant les visites dans les États pivots qui font et défont les élections américaines.

Il a toutefois choisi de s’aventurer sur le terrain de prédilection de Donald Trump, qui se pose en président de «la loi et l’ordre» et accuse depuis des semaines son adversaire, ainsi que les élus locaux démocrates, de laxisme.

Joe Biden a donc pris soin de condamner, une nouvelle fois, les débordements.

«Piller, ce n’est pas manifester. Mettre le feu, ce n’est pas manifester», a-t-il dit. «C’est de l’anarchie, un point c’est tout.»

Il a réaffirmé que le président républicain n’était «pas parvenu à protéger l’Amérique», qui fait face à la pandémie de COVID-19 avec plus de 180 000 morts, à la crise économique qui en découle, et à cette profonde vague antiraciste.

«Alors maintenant, il tente d’effrayer l’Amérique», a dit Joe Biden, qui devance Donald Trump dans les sondages.

«Ils craquent»

Vétéran de la politique âgé de 77 ans, le candidat modéré a également répondu au président qui le décrit comme une «marionnette» aux mains de l’extrême gauche.

«Vous connaissez mon histoire, l’histoire de ma famille. Alors demandez-vous: est-ce que j’ai l’air d’un socialiste radical avec un penchant pour les pilleurs? Sérieusement!», s’est-il indigné.

Ce qui n’a pas empêché Donald Trump, 74 ans, de réagir en accusant son adversaire démocrate d’avoir «le même programme» que «les émeutiers violents» et «d’utiliser les arguments de la mafia: la meute vous laissera tranquille si vous lui donnez ce qu’elle veut».

Le milliardaire républicain devrait marteler ce discours mardi à Kenosha, où un Afro-Américain, Jacob Blake, a été grièvement blessé le 23 août par des tirs d’un policier, déclenchant la nouvelle vague de protestation. Deux manifestants antiracistes ont été tués par un militant pro-Trump lors d’affrontements dans cette ville du Wisconsin.

Le président sortant entend y rendre hommage aux forces de l’ordre.

«Nous devons redonner à nos policiers leur dignité, du respect», a-t-il plaidé. «Parfois il y a de mauvais policiers», «mais d’autres fois ils prennent seulement de mauvaises décisions», «ils craquent», a-t-il ajouté, en semblant relativiser, sinon excuser, les bavures.

En revanche, Donald Trump a confirmé qu’il ne rencontrerait pas la famille de Jacob Blake, expliquant qu’il avait refusé d’avoir à faire à leurs avocats. «J’ai parlé avec le pasteur de la famille», «un homme magnifique», s’est-il borné à dire.

Et à ceux qui redoutent que sa visite mette de l’huile sur le feu, il a répondu: «Cela peut aussi apporter de l’enthousiasme», «de l’amour et du respect pour notre pays».

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