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«Les beaux malaises 2.0»: point de rupture

Gageons que vous avez été nombreux à avoir une poussière dans l'oeil...

Après avoir habilement esquivé la question des circonstances ayant mené à sa séparation la semaine dernière en détournant notre attention vers l’ultime défécation d’un homme décédé, la présence de Laurence Leboeuf au générique (bien joué, Robin Aubert), et les promesses d’une douce soirée de frottages de fausses moustaches entre humoristes, Martin Matte est rentré dans le vif du sujet dans le deuxième épisode des Beaux malaises 2.0, diffusé ce mercredi 3 février.

L’auteur s’est justement servi de l’insatiable curiosité du public pour tout ce qui concerne la vie privée des stars (sujet sur lequel il reviendra plus longuement dans l’épisode de la semaine prochaine) pour entamer cette discussion avec celui-ci, et introduire de plein fouet le penchant plus dramatique de cette nouvelle saison.

Comme l’a résumé de façon on ne peut plus douteuse le personnage de Jean-François (Martin Perizzolo), en attendant un autre match de tennis qu’il ne disputera jamais : «C’est bon le drama! C’est comme la peau des grands brûlés, ça donne du relief à ta série!»

ATTENTION: DIVULGÂCHEURS

D’une certaine façon, le vrai drame de la séparation qui nous est montrée ici, c’est justement qu’aucune situation dramatique d’envergure ne soit à l’origine de celle-ci.

Le temps a passé. La passion s’est étiolée. Deux amoureux se sont éloignés.

Dans une séquence d’environ sept minutes, débutant alors que Martin tente de faire le point sur l’état de son couple en prenant une bière imaginaire avec son défunt père, l’auteur a abordé avec précision et beaucoup de retenu cet instant où le temps était venu pour les deux principaux intéressés de s’asseoir et de discuter réellement.

Nous devons évidemment souligner le travail de Julie Le Breton et de Martin Matte, qui ont su rendre particulièrement concrète cette scène passablement chargée en émotions. Une simple conversation entre adultes, calmes, posés acceptant finalement de regarder la vérité en face.

Martin Matte et le réalisateur Robin Aubert ont également su gérer à la perfection autant le ton, que les changements de rythme et l’impact émotionnel de la scène, laquelle fut probablement aussi difficile à écrire qu’à jouer pour l’humoriste.

Un moment difficile que bien des gens ont déjà vécu à peu de détails près, de l’immense sentiment de vulnérabilité aux multiples façons détournées de se rendre à l’inévitable.

Comme si le temps avait été momentanément suspendu, comme si Julie et Martin étaient seuls au monde, dans leur bulle, s’entendant sur la façon de la faire éclater, tout en redoutant évidemment le moment où ils devront annoncer la nouvelle aux enfants.

L’épisode s’est conclu sur une note d’autant plus mélancolique, Martin et Julie, toujours bienveillants l’un envers l’autre, se laissant accompagner par une musique on ne peut plus de circonstances dans un ultime moment de proximité.

Mais ce qui est encore plus marquant, c’est le rôle que Martin Matte a réussi à confier à l’humour dans la deuxième moitié de l’épisode, se manifestant comme l’amour et la complicité qui continuera d’unir le duo au-delà de la fin du chapitre de leur vie commune.

Une très belle idée, venant d’un auteur en pleine possession de ses moyens.

Les beaux malaises 2.0 est diffusée le mercredi à 21h, sur les ondes de TVA.

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