POLITIQUE
26/02/2020 14:52 EST | Actualisé 26/02/2020 16:15 EST

Barricades: Québec estime que l'impact économique a atteint un point critique

«On est tous préoccupés» par la situation, a observé le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, en mêlée de presse.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
Le ministre de l'Économie et de l'Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, répond aux questions des journalistes (photo d'archives)

Le gouvernement du Québec estime que l’impact du blocus ferroviaire sur l’économie a atteint un point critique.

En marge de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, mercredi, plusieurs membres du gouvernement Legault se sont montrés inquiets pour la suite des choses, appréhendant des conséquences importantes pour certains secteurs de l’économie québécoise si les barricades dressées sur les voies ferrées par des communautés autochtones n’étaient pas levées à très court terme, soit dans les jours qui viennent.

“On est tous préoccupés” par la situation qui perdure, a observé le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, en mêlée de presse, rappelant que 20 pour cent des marchandises qui transitent normalement par train doivent désormais prendre la route.

Plusieurs entreprises, particulièrement les petites et moyennes entreprises (PME), a-t-il fait valoir, voient déjà poindre des problèmes de fonds de roulement, ayant trop d’inventaires parce qu’elles ont dû mettre sur la touche leurs projets d’exportations. Quelque 11 % des PME québécoises misent sur l’exportation de leurs produits.

D’autres ont des problèmes d’intrants, ne recevant pas les marchandises dont elles ont besoin pour fonctionner.

 

Les plus petites d’entre elles se retrouvent dans une situation financière de plus en plus fragile, a déploré le ministre Fitzgibbon, qui dit songer à mettre en place, au besoin, un programme gouvernemental qui viendrait compenser les pertes subies par les entreprises durant cette crise.

L’approvisionnement en propane est une des principales sources d’inquiétude du gouvernement, “un enjeu très important” de la crise actuelle, qui dure depuis trois semaines, a-t-il rappelé.

Il n’y a plus de réserves de propane que pour quelques jours, a renchéri le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien.

“On a quatre ou cinq jours devant nous” de réserves, a-t-il calculé, ajoutant que la solution de rechange retenue, soit le transport par camion, ne suffira pas pour répondre aux besoins.

L’inquiétude ambiante s’est répandue aussi au milieu agricole, a indiqué de son côté le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, qui craint notamment l’approvisionnement en nourriture animale.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, estime que la crise actuelle en est rendue à un “moment critique” pour la santé économique du Québec.

Il prédit que la crise ferroviaire entraînera certainement dans les prochaines semaines des mises à pied, dont le nombre est difficile à évaluer pour l’instant.

Je sais qu’il y aura des répercussions importantes. Il y aura manifestement des mises à pied.Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Selon lui, il n’y a pas de doute que cette paralysie forcée du transport ferroviaire aura des “répercussions humaines, sociales et économiques importantes” au Québec.

D’où l’importance, à ses yeux, que le blocus “cesse le plus rapidement possible”.

Il jette le blâme sur le gouvernement fédéral et plaide pour que le gouvernement de Justin Trudeau dépose sans tarder un plan d’action avec un échéancier serré de retour à la normale.

“Il faut qu’Ottawa assume un leadership qui est beaucoup plus clair et beaucoup plus pratique”, selon M. Boulet.

Le ministre Fitzgibbon a jugé que l’impact à court terme sur l’économie québécoise était “dur à évaluer” et à quantifier.

Au cours des derniers jours, le premier ministre François Legault n’a pas hésité quant à lui à lancer un chiffre, évaluant que le barrage des voies ferrées entraînait une perte de pas moins de 100 millions $ par jour pour l’économie québécoise.

Mercredi, en mêlée de presse, M. Legault a convenu que la situation actuelle n’était “pas facile” à gérer, tout en montrant une fois de plus des signes d’impatience.

“Combien de temps il faut attendre? Cela fait trois semaines”, a-t-il calculé.

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