POLITIQUE
10/02/2021 16:29 EST

Semaine de relâche: Québec songe à ériger des barrages policiers inter-provinciaux

Des annonces devraient être faites la semaine prochaine.

(Jacques Boissinot/The Canadian Press via AP)

QUÉBEC — Les Ontariens ne seront peut-être pas les bienvenus au Québec durant la semaine de relâche.

Le Québec songe à ériger des barrages policiers durant la semaine de relâche scolaire pour contrôler à la fois les déplacements entre les régions et ceux en provenance de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a dit mercredi, en point de presse, que les variants du virus de la COVID-19 constituaient une grande source de préoccupation pour le gouvernement et que des mesures étaient à l’étude pour éviter qu’ils se propagent à travers le Québec durant la semaine de relâche scolaire, réputée pour favoriser les déplacements entre les régions et les provinces.

Des annonces devraient être faites la semaine prochaine.

Les visiteurs en provenance de l’Ontario, qui ont pris l’habitude de visiter en grand nombre le Québec durant le Spring Break, sont particulièrement visés.  

L’Ontario est la province canadienne ayant rapporté le plus grand nombre de cas de contamination aux nouveaux variants du virus, considérés extrêmement contagieux.

Mardi, pour éviter la propagation du virus, le premier ministre François Legault avait affirmé que le gouvernement évaluait présentement la nécessité de resserrer les contrôles sanitaires durant la semaine du congé scolaire, soit la dernière de février ou la première de mars, selon les régions.

Mercredi, la ministre Guilbault a précisé que plusieurs scénarios étaient envisagés, dont «le contrôle des allées et venues entre les provinces et à l’intérieur de la province».

Contrairement à ce qu’elle avait affirmé la semaine dernière, la ministre a ajouté que la question de la disponibilité des ressources policières n’entrait pas en ligne de compte dans l’évaluation de la situation et des besoins.

«Les ressources ne seront jamais un enjeu», a-t-elle dit, ajoutant que si nécessaire d’autres types de professionnels pourraient prendre le relais des policiers pour assurer les contrôles routiers.

«Si la mesure est jugée nécessaire, on s’arrange pour la faire appliquer», a assuré la ministre. 

La semaine dernière, talonnée par l’opposition qui réclamait des barrages routiers pour freiner les déplacements entre zones rouges et orange, Mme Guilbault disait qu’il fallait se fier à «la bonne foi» des Québécois, en ajoutant que la Santé publique n’avait pas formulé de recommandation allant dans le sens d’ériger des barrages policiers.

Elle avait alors fait valoir que les policiers étaient déjà fort occupés à faire appliquer le couvre-feu et la quarantaine des voyageurs de retour au pays, et étaient donc moins disponibles pour effectuer d’autres tâches.

«Si on mettait des policiers pour faire des barrages, forcément, il y en aurait moins qui feraient autre chose en même temps. Il y a une question de ressources policières, mais il y a une question aussi de priorités d’actions pour nos policiers», affirmait-elle.

Le Québec compte 15 000 policiers. 

Interrogé à ce propos mercredi matin, en marge d’une annonce, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué que le contrôle des frontières entre les provinces relevait des gouvernements provinciaux.

«Les provinces et les territoires peuvent très bien décider quelles sont les mesures à leur propre frontière qui sont nécessaires», a-t-il fait valoir.

Il a ajouté que le gouvernement fédéral serait présent «pour travailler avec les provinces pour instaurer les mesures qu’elles considèrent nécessaires pour décourager les déplacements et l’expansion de la COVID-19 à l’intérieur de leurs régions».