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26/02/2020 08:34 EST | Actualisé 26/02/2020 16:10 EST

Les voies ferrés sont toujours inaccessibles à Kahnawake et Listuguj

De la pierre concassée a été déposée devant la barricade, mercredi matin, à Kahnawake.

Ryan Remiorz/La Presse canadienne
Une première barricade bloque l'accès à la deuxième qui est située sur la voie ferrée, à Kahnawake.

MONTRÉAL —La barricade qui paralyse la voie ferrée du Canadien Pacifique (CP) depuis le 8 février sur la réserve mohawk de Kahnawake, en Montérégie, a été renforcée mercredi en réponse à l’injonction obtenue mardi par le transporteur ferroviaire.

Des murets de béton et des chargements de pierres ont été placés en périphérie de la barricade.

L’injonction n’a toujours pas été signifiée aux manifestants.

C’est la présence d’armes d’assaut sur la réserve de Kahnawake qui empêche pour l’instant la Sûreté du Québec (SQ) d’y intervenir pour démanteler la barricade, a indiqué le premier ministre François Legault.

M. Legault s’est avancé sur le sujet en mêlée de presse, mercredi à Québec, faisant état des renseignements qu’il a en mains. 

Le Conseil de bande de Kahnawake dit évaluer ses options, y compris la possibilité de contester l’injonction. Quant à sa mise en vigueur, le grand chef Joe Norton a affirmé dans un communiqué que seuls les Peacekeepers, le corps de police de la réserve, ont compétence sur le territoire.

 

Les Peacekeepers n’interviendront pas

Or, le dirigeant du corps policier autochtone, Dwayne Zacharie, a fait savoir dès lundi que son organisation n’avait aucun intérêt à criminaliser les gens dont l’action vise à faire valoir leurs droits.

Du côté de la Sûreté du Québec, on assurait mercredi matin qu’aucune opération n’était en cours de planification pour faire respecter l’ordre de la Cour.

Le porte-parole des manifestants, Kenneth Deer, a d’ailleurs précisé que c’est à cause de cette injonction que la barricade a été renforcée: “Quand une injonction est émise, la prochaine étape après qu’on l’ait signifiée serait une possible intervention physique d’un corps policier de l’extérieur, alors (les manifestants) doivent prendre certaines précautions parce qu’ils n’ont aucune intention de lever la barricade”.

Trudeau: “Ce n’est pas une juridiction fédérale”

Plus tôt dans la journée, Justin Trudeau avait réitéré que “ces injonctions doivent être obéies”, tout en continuant d’en placer la responsabilité sur les épaules de la Sûreté du Québec: “Ce n’est pas une juridiction fédérale. Nous avons énormément confiance et dans la SQ et dans la communauté pour régler leurs propres choses”, a-t-il déclaré en mêlée de presse aux Communes.

Il avait également assuré que les discussions se poursuivent avec les représentants des chefs héréditaires wet’suwet’en, affirmant que “c’est en train d’évoluer. Le négociateur Nathan Cullen est en train d’avoir du progrès positif.”

Toute la crise découle de l’opposition d’un groupe de chefs héréditaires au passage d’un oléoduc sur leurs terres en Colombie-Britannique. À Kahnawake, les manifestants ont répété à plusieurs reprises que la barricade ne sera levée que lorsque les Wet’suwet’en auront obtenu satisfaction.

Les trains de banlieue de la ligne exo4 qui relie Candiac et le centre-ville de Montréal ne peuvent donc toujours pas circuler et les usagers doivent se rabattre sur des navettes par autobus mises en place pour assurer le service. Du côté des marchandises, le Canadien Pacifique a fait valoir dans un courriel à La Presse canadienne que “cette barricade a coupé des liens ferroviaires vitaux vers les provinces atlantiques et les États-Unis”.

Listuguj: barricade enlevée sans succès

Pendant ce temps à Listuguj en Gaspésie, la voie ferrée exploitée par la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) demeure aussi paralysée.

Pourtant, le gouvernement du Québec, propriétaire de la voie ferrée, a obtenu une injonction mardi en Cour supérieure à Québec et la barricade a été démantelée en après-midi.

Cependant, les manifestants de la communauté autochtone mi’gmaqs sont demeurés sur place et obstruent eux-mêmes la voie.

Des convois de marchandises se voient ainsi immobilisés sur la voie et la SCFG a dû mettre temporairement à pied une quinzaine d’employés la semaine dernière. Cette paralysie affecte particulièrement l’industrie forestière et le secteur de l’éolien.

Dans ce cas, toutefois, François Legault affirme que la situation est fort différente puisque la barricade n’est pas sur un territoire autochtone et qu’il est donc possible d’intervenir “comme on l’a fait à Saint-Lambert. Quand on est capables d’agir rapidement, on le fait. Évidemment, on prend des informations si les gens ont des armes ou non”, a-t-il pris soin d’ajouter.

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À VOIR: manifestation à Montréal en solidarité avec les communautés autochtones