POLITIQUE
03/04/2020 08:15 EDT

COVID-19: QS veut que les banques annulent les intérêts chargés sur les cartes de crédit

Le député veut aussi que les institutions financières accordent un congé de frais de service à leurs clients jusqu’à la fin des mesures sanitaires.

megaflopp via Getty Images
Selon QS, les six grandes banques canadiennes ont réalisé un bénéfice de 45 milliards $ en 2019.

MONTRÉAL — Québec solidaire (QS) accuse les institutions financières de profiter de la misère des gens pendant la crise de la COVID-19 en imposant des frais d’intérêt sur les cartes de crédit qui servent de plus en plus à payer l’épicerie et les factures.

Le porte-parole de Québec solidaire en matière de justice fiscale, le député Vincent Marissal, réclame que les institutions soient contraintes d’annuler les intérêts chargés sur les cartes de crédit, les découverts et les autres produits de prêts pour la période en cours, un congé renouvelable tant que la crise sanitaire perdurera.

Le député veut aussi que les institutions accordent un congé de frais de service à leurs clients jusqu’à la fin des mesures sanitaires. Puisque l’argent comptant est moins accepté qu’à l’habitude dans les magasins, les clients sont forcés de faire plus de transactions avec leurs cartes et de souscrire à des forfaits qui coûtent plus cher.

La baisse des taux d’intérêt annoncée par le Mouvement Desjardins est insuffisante, selon le député de Rosemont, qui constate d’autre part que les grandes banques canadiennes continuent d’accumuler des intérêts allant jusqu’à 30 % sur les soldes impayés.

Il affirme que la seule mesure annoncée par les banques, le report des paiements hypothécaires, leur permet d’accumuler plus d’intérêt sur le solde.

Vincent Marissal soutient que les institutions financières font des profits record grâce à leurs clients, mais alors que ceux-ci ont besoin d’aide, elles jouent aux abonnés absents. Si les banquiers sont incapables de faire preuve de compassion, les gouvernements devraient leur serrer la vis, à son avis.

Le député de Québec solidaire a calculé qu’en 2019, les six grandes banques canadiennes ont empoché un bénéfice de 45 milliards $.

QS écrit à Trudeau

Québec solidaire lance un avertissement au gouvernement fédéral: pas question d’investir des fonds publics pour relancer l’industrie canadienne du pétrole.

Selon des informations qui circulent, Ottawa s’apprête à présenter un plan de sauvetage de plusieurs milliards de dollars pour renflouer l’industrie albertaine, mise à mal par la crise du coronavirus.

Connu pour ses positions environnementalistes, QS a écrit une lettre au premier ministre Justin Trudeau ainsi qu’à son ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, qui était auparavant une des figures du mouvement Greenpeace au Québec.

Dans cette lettre obtenue par La Presse canadienne jeudi, la porte-parole de QS, Manon Massé, écrit: “les Québécoises et les Québécois veulent savoir si vous réservez le premier canot de sauvetage aux pétrolières et aux gazières.”

Elle fait référence à l’éventuel “plan de relance de plusieurs milliards concocté avec le gouvernement albertain et les lobbyistes du pétrole et du gaz”.

Elle déplore également que ”ça ne serait pas la première fois que les contribuables québécois seraient forcés de subventionner le dinosaure gênant de l’économie canadienne”.

Mme Massé rappelle que le pétrole albertain se vend actuellement 4,70 $ le baril sur les cours internationaux. Il faut que le fédéral “saisisse l’occasion de réorienter cette industrie du 19e siècle”, a-t-elle déclaré dans un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

Elle préconise donc plutôt que les milliards de dollars qui pourraient être débloqués bientôt soient versés plutôt aux travailleurs pour assurer leur transition dans une économie plus verte et décarbonisée.

À VOIR: désastre pour l’industrie de la restauration