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07/05/2020 16:41 EDT | Actualisé 07/05/2020 16:41 EDT

Comment encadrer la géolocalisation des personnes infectées à la COVID-19?

Les commissaires à la vie privée ont proposé des balises pour encadrer l'utilisation des données personnelles pour limiter la propagation du coronavirus.

Thomas Tolstrup via Getty Images

Les commissaires du droit à la vie privée du Canada proposent des balises pour guider les provinces et les territoires dans la conception d’applications mobiles pour le repérage de personnes infectées par la COVID-19.

Par voie de communiqué de presse, Daniel Therrien, commissaire à la protection de la vie privée du Canada, dit qu’il croit que la technologie peut faire partie de la solution en contexte de pandémie.

«Si elles sont réalisées correctement, les applis de traçage peuvent permettre d’atteindre simultanément les objectifs de confidentialité et de santé publique. Tout repose sur la conception, et une conception appropriée passe par le respect de certains principes essentiels de la vie privée», fait valoir M. Therrien.

Le commissaire fédéral ainsi que ses homologues provinciaux et territoriaux ont mis en ligne une déclaration commune avec certaines de ces lignes directrices à suivre.

Ils estiment que l’utilisation des applications devrait être volontaire. La technologie devrait respecter la notion de consentement des utilisateurs et être la moins intrusive possible, à leur avis.

Qui plus est, «les renseignements personnels doivent être utilisés uniquement pour les fins initialement prévues visant la protection de la santé publique et pour aucune autre fin», selon les commissaires.

Ils demandent également à ce que ces «mesures exceptionnelles» ne durent que le temps de la pandémie de la COVID-19. Lorsque la crise sera finie, les gouvernements devraient détruire tout renseignement personnel recueilli et désactiver l’application.

Finalement, les commissaires disent que les gouvernements devront faire preuve de transparence et tenir les citoyens informés de l’efficacité des mesures.

«Les Canadiens devraient être pleinement informés des renseignements qui seront recueillis, des utilisations prévues, des personnes ou organisations qui y auront accès, de l’emplacement où ils seront stockés, des mesures prévues pour les protéger pendant la période de conservation ainsi que du moment où ils seront détruits», écrivent les commissaires.

Ces recommandations surviennent alors que les provinces et territoires s’apprêtent à discuter d’une stratégie nationale pour le repérage de contacts afin de mieux détecter les personnes infectées par le coronavirus, à la demande de l’Ontario.

Plusieurs provinces se penchent sur une application de repérage, mais jusqu’à maintenant, seule l’Alberta a lancé sa propre initiative la semaine dernière. L’application ABTraceTogether est actuellement étudiée par le Commissariat à l’information et à la vie privée de l’Alberta.