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Les baby-boomers endettés se retrouvent de plus en plus insolvables

La hausse rapide des prix des maisons en protège plusieurs de l'insolvabilité, mais pour ceux qui n'ont pas de biens immobiliers, c'est une autre histoire.

Au milieu de la crise économique liée à la COVID-19, une grande attention s’est portée vers les jeunes travailleurs, qui ont été touchés de manière disproportionnée par les pertes d’emplois. Mais un nouveau rapport sur les faillites de consommateurs suggère que ce sont les Canadiens vieillissants - ceux de plus de 50 ans - qui se retrouvent de plus en plus insolvables.

L’étude en question a porté sur 3 900 faillites ontariennes déposées auprès des syndic en insolvabilité Hoyes Michalos. Selon la firme, les personnes âgées de 50 ans et plus ont vu leur part d’insolvabilité grimper depuis le début de la pandémie, passant de 28,3% en 2019 à 31,4% immédiatement après les confinements de l’année dernière.

Cela se produit à un moment où - grâce au soutien d’urgence du gouvernement - le nombre de Canadiens qui ont déposé une demande d’insolvabilité a en fait diminué de près de 30%, selon le Bureau du surintendant des faillites.

Alors pourquoi les Canadiens de plus de 50 ans font-ils faillite? Selon le syndic d’insolvabilité Doug Hoyes, coauteur du rapport, ce sont les plus endettés - et les moins susceptibles d’avoir vu leurs frais de subsistance couverts par la Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000 $ par mois.

Pour les jeunes salariés à faible revenu, les paiements de la PCU couvraient souvent leur perte de revenu, mais pour les salariés plus âgés avec des revenus et des dépenses plus élevés, la PCU n’a souvent pas suffi, note Doug Hoyes.

Séparés par l’immobilier

Et un nouveau fossé est également en train de se former entre les propriétaires et les non-propriétaires, ceux qui possèdent une maison étant protégés des problèmes financiers par la hausse rapide des prix de l’immobilier, souligne Hoyes.

Il y a six ou sept ans, un tiers des clients du bureau de Hoyes étaient des propriétaires; aujourd’hui, ce pourcentage est tombé à moins de 5%.

«Maintenant, la maison moyenne vaut 1 million de dollars, et si vous êtes propriétaire d’une maison depuis quelques années, vous avez accumulé beaucoup de valeur nette, même si vous avez payé trop cher... Vous avez la possibilité de refinancer, d’obtenir une marge de crédit hypothécaire, alors si vous êtes propriétaire d’une maison, vous êtes probablement dans une bonne situation. Ce sont les personnes âgées qui n’ont pas de maison et qui n’ont pas profité des marchés financiers qui sont aujourd’hui les plus en difficulté.»

L’âge moyen des personnes impliquées dans ce processus a grimpé à près de 43 ans, selon le rapport, et l’endetté moyen est légèrement plus susceptible d’être de sexe masculin que féminin, et d’être célibataire ou séparé.

Si vous craignez de faire partie des personnes qui se dirigent vers des problèmes financiers, Hoyes suggère de faire un «test de résistance» sur vos finances. Imaginez un choc quelconque - être licencié ou tomber malade - puis faites le calcul pour déterminer pendant combien de temps vous pourriez continuer à payer les factures.

«Si la réponse est “je ne pourrais pas payer mon loyer la semaine prochaine sans chèque de paie”, c’est un signe».

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l’anglais.

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