POLITIQUE
23/05/2019 10:36 EDT

Avortement: Andrew Scheer ne donne aucun éclairage sur sa position personnelle

«Le Parti conservateur ne va pas rouvrir ce débat», s'est contenté de dire Andrew Scheer.

Sean Kilpatrick/La Presse canadienne

SAINT-HYACINTHE, Qc — Le chef conservateur Andrew Scheer refuse d’aborder tout scénario sur l’avortement au-delà de sa position et accuse le premier ministre Justin Trudeau de vouloir ramener le débat dans le seul but de distraire l’électorat à l’approche de l’élection fédérale, l’automne prochain.

De passage à Saint-Hyacinthe, mercredi soir, pour présenter le candidat Bernard Barré dans la circonscription de Saint-Hyacinthe-Acton, Andrew Scheer a donné la même réponse à chacune des questions qui lui ont été posées sur le sujet.

«Le Parti conservateur ne va pas rouvrir ce débat. C’est seulement Justin Trudeau qui veut rouvrir ce débat pour cacher ses scandales et sa corruption», a d’abord répondu le chef conservateur.

Lorsqu’on lui a demandé s’il est contre l’avortement, il a répondu: «Comme chef, je ne vais jamais ouvrir ce débat; comme chef, c’est ma responsabilité de concentrer sur les enjeux qui rassemblent notre caucus et qui vont rendre la vie plus abordable pour les Canadiens», a-t-il réaffirmé en invoquant les questions telles le déficit, l’environnement et l’infrastructure.

«C’est seulement Justin Trudeau qui veut parler de ces sujets pour cacher ses scandales, ses manques d’éthique et sa corruption», a-t-il répété.

Interrogé quant à savoir s’il considère l’avortement comme un droit, il s’est à nouveau réfugié derrière la même réponse: «Le gouvernement conservateur, sous mon leadership comme premier ministre, on ne va pas ouvrir ce débat, point final.»

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Quand on lui a demandé s’il laisserait un de ses députés présenter de son propre chef projet de loi privé pour restreindre l’avortement, il est revenu à la charge: «Un gouvernement conservateur ne va pas rouvrir ce débat».

Puis, lorsqu’on lui a demandé s’il permettrait un vote libre ou pas à ses députés si un projet de loi était présenté par un député d’un autre parti, une idée avancée mardi par le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, là encore, il s’est lancé dans une nouvelle tirade contre le premier ministre: «C’est seulement Justin Trudeau qui veut importer un enjeu divisif des États-Unis pour cacher, pour faire une distraction de ses scandales, de ses manques d’éthique».

Ces réponses du chef conservateur viennent confirmer que d’éventuelles restrictions à l’avortement ne seront pas à l’agenda du parti et que lui-même, ou son gouvernement n’entameront pas eux-mêmes une telle démarche.

Elles n’ont toutefois fourni aucun éclairage sur sa position personnelle face à l’avortement, ni s’il entend permettre ou interdire à ses députés de déposer un projet de loi privé, pas plus que sur une quelconque discipline de parti à adopter face à cet enjeu advenant le dépôt d’un projet de loi privé par un député d’un autre parti.

Mardi, le chef du Parti populaire, Maxime Bernier, a affirmé qu’il ne s’opposerait pas au dépôt, par un de ses députés, d’un projet de loi privé visant à restreindre le droit à l’avortement.

Le Parti conservateur compte des députés pro-vie parmi ses rangs; certains d’entre eux ont déposé des projets de loi privés visant à restreindre le droit à l’avortement dans le passé, sans succès.