POLITIQUE
19/02/2021 10:25 EST | Actualisé 19/02/2021 13:41 EST

Zones rouge: la santé publique recommande des allègements dès le 8 mars

Le gouvernement du Québec a rendu publics des avis écrits de la santé publique, vendredi.

Jacques Boissinot/La Presse canadienne
Le Dr Arruda prévoit aussi le retour des activités parascolaires dans les groupes-classes du primaire et du secondaire. (photo d'archives)

QUÉBEC – Les régions qui sont en zone rouge pourraient changer de palier d’alerte à compter du 8 mars, selon des avis écrits de la Santé publique dévoilés vendredi.

On y apprend également que si la situation demeure favorable, d’autres installations intérieures, outre les arénas et les piscines, pourraient rouvrir après la relâche scolaire.

La Santé publique, qui est dirigée par le Dr Horacio Arruda, prévoit aussi le retour des activités parascolaires dans les groupes-classes du primaire et du secondaire à compter du 8 mars.

Au secondaire, un “ajustement” à la fréquentation par alternance (secondaire 3, 4 et 5) pourrait également être considéré après le 7 mars, affirme-t-on.

Par ailleurs, la question des sports organisés en zone orange sera aussi réévaluée après le 7 mars.

Dans son plus récent avis transmis au gouvernement le 16 février, le Dr Arruda se prononce également sur la question des déplacements interrégionaux.

Il affirme que les autorités de la Côte-Nord et du Bas-Saint-Laurent souhaitent des contrôles routiers aléatoires afin de “sensibiliser” la population.

Jusqu’à présent, le gouvernement Legault a refusé de remettre en place des contrôles routiers, comme il l’avait fait au printemps, préférant demander aux policiers de faire respecter le couvre-feu.

Legault plus strict qu’Arruda

Ces avis écrits, longtemps gardés secrets, ont été rendus publics vendredi alors que les élus de l’Assemblée nationale ont entamé une relâche parlementaire de deux semaines.

Les partis d’opposition n’auront donc pas la chance de questionner le premier ministre François Legault sur ses nombreux choix politiques, qui ont eu un impact direct sur toute la population du Québec.

“La stratégie de communication du gouvernement est aussi subtile qu’un 18 roues”, a entre autres réagi le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

On constate notamment à la lecture de ces avis écrits que les restrictions sanitaires imposées par M. Legault ont souvent été plus strictes que ce que proposait le Dr Arruda.

Dès le 27 septembre, le Dr Arruda recommandait de laisser ouverts avec certaines restrictions les salles de spectacles, les cinémas, les théâtres, les lieux de culte et les restaurants (une adresse par table).

Le directeur national de la santé publique est d’ailleurs revenu à la charge plusieurs fois sur ce volet l’automne dernier, si l’on se fie à ses avis écrits.

Le 22 octobre, le Dr Arruda recommandait également d’ouvrir les musées, les bibliothèques, les gyms et les spas à compter du 28 octobre.

Il voulait permettre aux enfants de 13 ans et moins de pratiquer une activité organisée (sportive ou autre) sous certaines conditions: l’activité devait être encadrée, avec un maximum de 10 personnes par groupe.

Pour les jeunes de moins de 14 ans, les activités parascolaires et interscolaires auraient été autorisées, à la condition de maintenir une distance de deux mètres entre les élèves de groupes-classes différents.

Le 16 novembre, la Santé publique était prête à permettre à compter du mois de janvier la pratique d’activités encadrées (sportives, culturelles) aux 18 ans et moins, mais pas les sports d’équipe.

À cette même date, en prévision de la période des Fêtes, le Dr Arruda s’interrogeait à savoir “si les mesures sont trop dommageables, est-ce que l’adhésion va se maintenir dans le temps ou s’effriter?”.

Horacio Arruda était entre autres préoccupé par les signes de dépression qu’il voyait chez les adultes, particulièrement à Montréal. Il disait vouloir donner des “soupapes” à la population.

Le 7 décembre, il a proposé la réouverture des jardins botaniques, zoos, biodômes, insectariums, planétariums et aquariums.

Soucieux de faire respecter les règles existantes, il se montre dur à l’endroit du ministère de la Sécurité publique et de la Commission des normes de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

“Le MSP et la CNESST doivent partager le sentiment d’urgence: rappel à l’ordre immédiat requis”, peut-on lire dans l’avis du 7 décembre.