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09/12/2019 19:36 EST

Un autre internaute arrêté pour avoir menacé des femmes le 6 décembre

Alertés par une internaute qui a pris connaissance des propos en question, les policiers ont procédé à son arrestation samedi et le DPCP l’a traduit en Cour le jour même sous deux accusations.

THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz
Quatorze faisceaux de lumière pointent vers le ciel lors des cérémonies marquant le 30e anniversaire de l'attaque de Polytechnique en 1989, le vendredi 6 décembre 2019 à Montréal.

MONTRÉAL — Un deuxième individu a été arrêté et traduit devant les tribunaux samedi, à Montréal, pour avoir proféré des menaces et incité à la violence contre les femmes à l’occasion du 30e anniversaire de la tuerie antiféministe du 6 décembre 1989.

Mohamed Ilyes Krimed, 20 ans, a proféré les menaces qu’on lui reproche sur les réseaux sociaux dans des publications effacées depuis, menaces qui faisaient état d’une «reprise» des tristes événements de Polytechnique, selon le Journal de Montréal qui en avait pris connaissance avant leur disparition.

Alertés par une internaute qui a pris connaissance des propos en question, les policiers ont procédé à son arrestation samedi et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) l’a traduit en Cour le jour même sous deux accusations.

Il a été accusé d’avoir «sciemment proféré, transmis et/ou fait recevoir par une personne une menace de causer la mort ou des lésions corporelles à des femmes» et d’avoir «fomenté volontairement la haine contre un groupe identifiable», en l’occurrence des femmes.

Mohamed Ilyes Krimed a été remis en liberté avec de sévères conditions et reviendra devant la Cour le 7 février prochain pour la suite des procédures.

Deuxième cas après celui d’un récidiviste

Jeudi dernier, un autre internaute, un blogueur de 70 ans ayant un passé bien documenté en la matière, a aussi été appréhendé par les policiers. Jean-Claude Rochefort publiait des articles dans lesquels il faisait non seulement l’apologie du tueur de Polytechnique, mais aussi la promotion de sa sanctification et de la création d’une journée internationale à son nom et ainsi de suite.

Son blogue entretenait des idées voulant que les hommes ne peuvent cohabiter avec les femmes, que celles-ci doivent s’exiler et qu’il fallait les assassiner si elles refusaient. Il qualifiait le féminisme de cancer et estimait que «toute femme est une ennemie en puissance».

Il a été accusé vendredi d’avoir fomenté la haine envers les femmes au Palais de justice de Montréal. La Couronne s’est opposée à sa remise en liberté et il reviendra devant le tribunal mardi pour son enquête sur le cautionnement.

Son arrestation est survenue au terme d’une longue enquête amorcée en septembre par le SPVM, qui l’a épinglé à son domicile montréalais.

Jean-Claude Rochefort avait été traduit en justice pour incitation à la haine une première fois il y a dix ans, mais l’accusation avait été rejetée puisque la cour ne considérait pas qu’elle pouvait s’appliquer aux femmes en général. Le Code criminel a depuis été modifié pour étendre la protection contre la propagande haineuse à toute section du public qui se différencie par son sexe, ou encore par l’identité ou l’expression de genre.

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