POLITIQUE
19/11/2020 16:25 EST

Autonomie alimentaire: Québec veut augmenter l'achat de produits locaux

Le ministre a lancé un défi de substituer chaque semaine pour 12$ de produits alimentaires provenant de l’étranger par des produits québécois.

bogdankosanovic via Getty Images

QUÉBEC — Le Québec est loin d’être autosuffisant sur le plan alimentaire. Par un ensemble de mesures annoncées jeudi, le gouvernement Legault souhaite faire grimper son autonomie en ce domaine, actuellement évaluée autour de  51 %, à 55 %, voire 56 %.

C’est ce qu’a affirmé jeudi le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, en conférence de presse, en détaillant les moyens entrepris pour y arriver, avec 157 millions $ de mesures, axées autour de la robotisation, l’automatisation de la production alimentaire et des campagnes d’information.

Dans un deuxième temps, le ministère de l’Agriculture doit annoncer sa stratégie visant la hausse de la production en serre.

À cette occasion, le ministre a lancé un défi à la population: au moment de faire l’épicerie, substituer chaque semaine pour 12 $ de produits alimentaires provenant de l’étranger par des produits québécois, puisque la hausse anticipée de production locale doit se traduire par une hausse correspondante d’achat local.

Au bout d’un an, c’est une somme de 1 milliard $ dont pourrait bénéficier toute la chaîne de production et de transformation  alimentaires, a-t-il calculé.

M. Lamontagne qualifie de «légende urbaine» le préjugé voulant que dans bien des cas les aliments du Québec coûtent plus cher que ceux provenant de l’étranger. Il croit qu’au contraire les prix des denrées du Québec sont «très compétitifs».

À VOIR: des saveurs d’ailleurs, cultivées au Québec


Selon les calculs du ministre, si tout se passe bien, les mesures annoncées pourraient se traduire par la création de 3800 emplois dans toute la chaîne de production et de transformation des aliments dans les prochaines années.

Un des facteurs limitant la croissance du secteur est le manque de main-d’oeuvre et le faible taux de productivité. Québec injectera 92,5 millions $, d’ici deux ans,  pour remédier à cette situation.

Par ailleurs, la Financière agricole sera mise à contribution en vue d’accélérer les investissements agricoles, même dans des secteurs à risque élevé et dans le cas d’entreprises en démarrage. Québec octroie 24 millions $ à cette fin. On dépêchera sur le terrain, en régions, 48 conseillers en financement chargés de donner le coup de pouce financier nécessaire.

Pour favoriser l’achat local, Québec veut consacrer 23,4 millions $ à la stimulation de la demande pour des produits alimentaires québécois. Des campagnes publicitaires et des activités de promotion en magasins viendront valoriser l’appellation «Aliments du Québec».