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29/10/2020 07:20 EDT | Actualisé 29/10/2020 11:57 EDT

Une attaque terroriste au couteau fait trois morts dans une église à Nice en France

L’agresseur a été arrêté par la police.

Trois personnes ont été tuées, une au moins égorgée, jeudi à Nice, dans le sud-est de la France, lors d’une attaque au couteau dans une église, frappant un autre lieu hautement symbolique, deux semaines après  la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, près de son école.

La violence de cette nouvelle attaque traitée comme un “acte terroriste” a poussé la France à remonter au niveau maximum son plan de sécurité vigipirate.

Le président français Emmanuel Macron a dénoncé “une attaque terroriste islamiste”. “Nous ne cèderons rien” sur les valeurs françaises, a-t-il ajouté.

Vendredi matin, une femme et un homme ont été tués dans la basilique Notre-Dame au coeur de cette ville de la Côte d’Azur (Riviera française) vers 9h (4h au Québec) et une troisième, une femme grièvement blessée, est décédée dans un bar proche où elle s’était réfugiée.

Le parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête.

L’agresseur a été blessé lors de l’intervention de la police et transporté à l’hôpital, selon une source policière. Il a crié “Allah Akbar” (“Dieu est le plus grand”, en arabe) en accomplissant son geste.

L’agresseur est un Tunisien de 21 ans, arrivé en Europe sur l’île italienne de Lampedusa fin septembre, et en France début octobre, a-t-on appris de sources proches du dossier. Le jeune homme, selon une “source locale proche du dossier”, se nomme Brahim Aoussaoui. Il avait été mis en quarantaine par les autorités italiennes, avant d’être visé par une obligation de quitter le territoire italien et laissé libre, a-t-on ajouté. 

Selon le maire de Nice, “une femme a été agressée avec le même mode opératoire que Samuel Paty”, ce professeur d’histoire-géographie décapité le 16 octobre en région parisienne par un islamiste russe tchétchène qui a été abattu par la police.

Galerie photo Attaque au couteau à Nice Voyez les images

L’homme tué a été identifié comme le sacristain de l’église, un laïc d’environ 45 ans, les deux femmes étaient, semble-t-il des paroissiennes. 

Après l’“assassinat dans une école, c’est dans une église que la barbarie islamo-fasciste a choisi de frapper, c’est tout un symbole”, a ajouté le maire de Nice, alors que les catholiques fêteront le 1er novembre, la Toussaint.

Le premier ministre Jean Castex a dénoncé un acte “ignoble” qui a “frappé la communauté catholique à dessein et en plein coeur”.

L’attaque survient presque deux semaines jour pour jour après l’assassinat de Samuel Paty, pris pour cible parce qu’il avait montré en classe des caricatures du prophète Mahomet dans un cours sur la liberté d’expression. 

Des appels au boycott et des manifestations anti-françaises se sont multipliés depuis que le président Emmanuel Macron a dit, lors d’un hommage la semaine passée à ce professeur, ne pas vouloir renoncer au droit de publier des caricatures.

Mettant de côté de vives tensions entre Ankara et Paris autour de la publication de ces dessins, le ministère turc des Affaires étrangères a “fermement condamné” l’attaque de Nice. 

“Il est clair que ceux qui ont commis une telle attaque sauvage dans un lieu de culte sacré ne peuvent s’inspirer de quelque valeur religieuse, humaine ou morale que ce soit”, a-t-il ajouté.


Le pape François a dit “prier pour les victimes”, tandis que la conférence des évêques de France a souhaité que “les chrétiens ne deviennent pas une cible à abattre”. 

Le glas sonnera dans les églises du pays à 15h (11h au Québec), en hommage aux victimes.

Le CFCM qui représente le culte musulman en France a dit condamner “avec force” cet “attentat terroriste”, appelant les musulmans du pays “en signe de deuil et solidarité” à annuler les célébrations pour la “fête du Mawlid” (naissance de Mahomet).

Le premier ministre Jean Castex a annoncé que sur tout le territoire le niveau de protection des bâtiments, transports et lieux publics du plan vigipirate remontait au niveau maximal “urgence attentats”.

“Dites à mes enfants que je les aime”

Lors de l’attaque dans ce quartier très commerçant, de nombreux habitants bouclaient rapidement des achats en vue du confinement entrant en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi, ont-ils expliqué à l’AFP.

“Une dame est venue directement de l’église et nous a dit ”‘courez courez, il y a quelqu’un qui a planté, il va y avoir des coups de feu, il y a des morts’”, a témoigné le serveur d’une brasserie proche de l’église, Daniel Conilh.

Selon des témoignages à la chaîne de télévision BFMTV, l’une des personnes agressées a dit avant de succomber: “dites à mes enfants que je les aime”.

De nombreux policiers et pompiers ont été dépêchés sur place, selon un correspondant de l’AFP. 

Ce dernier a pu voir les pompiers emporter une personne sur un brancard dans une ambulance. 

“C’était la panique, les clients sont partis sans payer ils avaient peur”,  a expliqué le serveur.

Nice avait été endeuillée en 2016 par un attentat qui avait fait 86 morts sur la Promenade des Anglais le 14 juillet, en pleine fête nationale.

L’UE  a affiché sa “solidarité” avec la France, appelant à l’union “contre ceux qui répandent la haine”.